Diffusion et distribution de livres : la difficulté de la vie commerciale

Victor De Sepausy - 11.01.2019

Edition - Economie - diffusion distribution livres - éditeurs libraires commerce - livre industrie lecture


ÉTUDE – Nerf de la guerre, distribution et diffusion sont les éléments premiers dans l’accès au livre. C’est en réalité le premier moyen pour les lecteurs de trouver les ouvrages, et pour les auteurs et éditeurs de leur donner une vie commerciale. La présence dans les points de vente reste la condition sine qua non...

Librairie l'Acacia (Paris)
(photo d'illustration, ActuaLItté, CC BY SA 2.0)


Par diffusion, il faut entendre tout ce qui, commercialement et en marketing, va être mis en œuvre pour que les réseaux de vente promeuvent les livres. Sur le volet distribution, ce sont les actions de déplacement et de stockage qui sont en jeu, ainsi que les flux financiers inhérents. Avec, évidemment, la gestion des commandes et ses conséquences.

C’est ainsi que l’étude présentée par Florence Rio et Céline Telliez, portant sur le réseau du livre dans les Hauts-de-France, s’attache, à travers trois grands points, à passer en revue ces moments essentiels dans la mise en circulation des livres. 
 

Libraires et éditeurs, partenaires... insatisfaits


D’un côté, cinq distributeurs se partagent 80 % du marché – chiffres donnés en 2009, qui n’ont pas beaucoup évolué. Ensuite, les problématiques de référencement de catalogue pour les éditeurs sont cruciales. Enfin, les réflexions interprofessionnelles débouchent sur de nouvelles perspectives en la matière.

Ainsi, « bien que l’on constate un dynamisme fort de l’interprofession dans la région des Hauts-de-France, il est à noter que de leur côté les libraires regrettent souvent le manque d’informations sur les publications des éditeurs régionaux et en particulier en ce qui concerne les nouveautés ».

A contrario, les éditeurs pointent « le manque de réactivité des libraires face aux envois de mails et/ou leur manque de disponibilité quand il s’agit de présenter les nouveautés, [qui] restent un frein à la diffusion de leurs ouvrages ». 

À travers les données et témoignages d’une centaine de professionnels indépendants, l’étude a mis à jour plusieurs points importants. En effet, la situation économique des éditeurs en 2016 fut meilleure qu’en 2015, avec des chiffres d’affaires qui évoluent vers la hausse ou ne varient pas dans leur majorité. 

Si l’autodiffusion reste une solution qu’ont adoptée 37 éditeurs sur 64, plus de la moitié d’entre eux ne sont pas satisfaits de cette approche. C’est qu’elle demande un investissement personnel important avec une présence en salons appuyée et de longues tournées des points de vente. Quand elle n’est pas une position revendiquée, toutefois, par la maison.
 

Diffusion, autodiffusion et collaboration


Le recours à une diffusion déléguée exprime un véritable changement de cap pour un éditeur : une diffusion orientée vers les librairies plus que tout autre point de vente, sur tout le territoire national voire hors des frontières. Ce mode de diffusion tient le plus souvent ses promesses : les éditeurs diffusés sont en majorité satisfaits, à la fois de leur mode de diffusion et de leur diffuseur, qui a permis d’augmenter leur chiffre d’affaires ainsi que leur légitimité. 

Si les éditeurs de la région sont bien représentés en librairie et dans une certaine mesure dans les grandes surfaces culturelles, le chiffre d’affaires réalisé n’est pas à la hauteur de leurs espérances, et les éditeurs en gardent une certaine amertume. Les salons, les préventes sur plateformes de financement participatif viennent pallier cette visibilité parfois tronquée, d’autant plus lorsque l’éditeur est autodiffusé. 

Depuis plusieurs années, les rapprochements entre libraires et éditeurs par voie d’associations ont indéniablement fait évoluer les relations entre libraires et éditeurs de la région. Beaucoup de libraires mettent en avant la production régionale : il faut trouver un moyen pour que celle-ci se traduise désormais en chiffre d’affaires là où chacun des acteurs a renoncé. 
L’étude a également montré que les relations singulières, humaines, pérennes, et en co-construction réciproque, sont le gage d’une collaboration réussie entre libraire et éditeur indépendants. 

L'étude est à retrouver dans son intégralité ci-dessous.
 



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