Diffusion : les représentants d'Interforum expriment leur ras-le-bol

Nicolas Gary - 11.06.2019

Edition - Société - grève Interforum - Editis diffusion - éditeurs librairies


Grève promise, grève due : ce matin dès 10h, ils étaient une soixantaine de représentants, salariés d’Interforum à manifester devant le siège. Le préavis déposé pour ce 11 juin a été suivi par près de la moitié des équipes de la diffusion d’Editis (filiale de Vivendi). Et petite victoire, ils sont parvenus à faire déplacer Pierre Conte, le PDG de l’entreprise.


Pierre Conte
Pierre Conte - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

« Nous entamons une semaine marathon, que ce soit avec les maisons du groupe ou les éditeurs tiers, puisqu’ils présentent actuellement aux équipes de diffusion les sorties pour octobre, novembre et décembre », nous indique une salariée présente depuis plus d’une dizaine d’années dans la société.
 

Les objectifs toujours plus inatteignables
 

« Cette grève, elle est bien méritée : cela fait trop longtemps que la coupe est pleine », poursuit une autre. « Avec la semaine qui nous attend, ce sont des journées de 12 heures en perspective. » Et l’idée qu’une délégation et les organisations syndicales retrouvent Pierre Conte au siège d’Editis, place d’Italie, n’emballe personne. « Le siège d’Interfo, il est à Ivry : il n’a qu’à se déplacer, il a toutes nos revendications. »

« Le dialogue entre Alain Kouck [NdR : précédent PDG, décédé en juillet 2018] et les organisations syndicales était encore possible. Il rencontrait des difficultés avec les instances, mais on pouvait parler. Et puis, nous sommes entrés dans une ère où tout a disparu », se désole un représentant, en poste depuis plus de 15 ans.

 


 

« Travailler pour 2000 € net, avec des semaines de 50 heures, et des objectifs de ventes qui vont croissants, alors que le marché stagne voire diminue, ça n’a aucun sens. Surtout que nos objectifs 2019, nous les avons découverts début juin… Début juin ! » s’exaspère un représentant.
 

Conditions de travail et de rémunération à revoir
 

Alors qu’il serait possible « d’envisager des objectifs négociés : entre ce que les éditeurs souhaitent, ce que l’on sait du marché et ce que nous remontent les libraires, nous pourrions avoir des regards et approches plus justes », poursuit-il.
 

Les revendications portées par les salariés auprès de la direction vont dans ce sens : reprise des négociations concernant le plan de rémunération et des embauches pour soutenir l’activité. Un représentant témoigne : « Je suis passé de 10 à 8 départements couverts — en soi, cela représenterait une diminution de travail. Mais pas du tout… »
 

Embauches et révision des salaires :
Interforum bouillonne
 
 

De fait, la trésorerie des librairies s’est « tendue colossalement depuis la crise de 2008, et il n’est pas rare qu’elles fassent des impasses sur les livres. Ensuite, elles ont tendance à se spécialiser, et chercher les marchés de niche pour mieux s’en sortir, et limiter les offices qu’elles prennent ».
 

Sauf que la situation est moins simple encore : « Sur l’ensemble des territoires que je devais couvrir, plusieurs établissements de niveau 2 sont passés en niveau 1. En somme, j’ai moins de départements, mais plus de travail pour visiter les librairies — et plus encore, pour réaliser le même chiffre qu’auparavant. »
 

La direction à la rencontre des grévistes


Une rencontre était prévue en fin de journée, à 17h, au siège d’Editis, mais au cours de la grève, salariés et organisations syndicales s’agacent : prenant contact avec le DRH Sylvain Morel, ils réclament la venue du PDG, Pierre Conte, sur le site d’Ivry. Et finissent par l’obtenir. En présence d'Éric Levy, directeur général d'Interforum, une rencontre avec l'ensemble des personnels en grève est alors organisée, au débotté.

 

 


Le PDG a tenu tout d’abord à s’excuser pour les propos qu’il avait tenus par courriel. « Je suis consterné de cette décision [de grève] qui survient au moment où nous commençons à inverser les choses sur le marché et alors qu’avec le management d’Interforum nous avons déjà fait des propositions significatives d’amélioration, preuves de notre écoute », avait-il en effet répondu aux salariés.

Et d’ajouter que ce débrayage allait « gravement nuire à nos efforts pour fidéliser nos auteurs et éditeurs tiers et pour pouvoir accélérer notre développement externe. Ce sont tous les salariés de la maison qui risquent d’en être pénalisés. Nos concurrents vont s’en repaître ».

Il affirme par ailleurs qu’il s’agissait d’une première pour lui — se retrouver face à un mouvement social —, et se dit disposé à ouvrir les discussions. Un premier rendez-vous ce 11 juin est désormais prévu à 15h avec la direction –avant que Pierre Conte ne s'y joigne, à 17h – pour ouvrir les négociations sur les différents points portés par les salariés.

« Nous ne sommes pas prêts de quitter la table », lance une source syndicale – sans que l'on sache vraiment comment l'interpréter...




Commentaires
A quelques semaines près, cette grève intervient quand un grand nombre d'anciens salariés d'Evene.fr/Le Figaro ont gagné après dix ans de procédure contre Le Figaro. Cette procédure faisait suite à leur départ "volontaire" (sic) en 2010, initié par le dirigeant d'Evene nommé... Pierre Conte. On dirait que ce monsieur réputé est spécialisé dans les méthodes esclavagistes et contre-productives...
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