Diplomatie : un partage littéraire entre les USA et l'Égypte

Clément Solym - 21.05.2008

Edition - Société - Egypte - USA - livres


En association avec le Département d'État américain, le National Endowment for the Arts vient de révéler quelques détails dans un accord de coopération et d'échanges culturels et littéraires avec l'Égypte, s'inscrivant dans le cadre du programme impulsé par le NEA : Big Read, pour encourager et promouvoir la lecture auprès des citoyens étatsuniens.

Un contre trois : l'étrange partage

Cette promotion revêt un aspect singulier, puisqu'en Égypte, trois célèbres auteurs américains seront valorisés contre un seul Égyptien aux USA : Naguib Mahfouz, avec Al-Liss wa-l-kilâb - Le voleur et les chiens en France sera donc l'envoyé égyptien tandis que Ray Bradbury avec Fahrenheit 451, Harper Lee pour To Kill a Mockingbird (Du silence et des ombres) et John Steinbeck avec The Grapes of Wrath (Les raisins de la colère), les émissaires américains.

Au Caire et à Alexandrie, côté Égypte, et New York, Miami, Huntsville, Alabama, côté USA réaliseront des manifestations et des événements dédiés aux différents auteurs. Un échange semblable avait eu lieu entre les États-Unis et la Russie, incluant encore Harper Lee, et Tolstoï, et un programme est en cours de réalisation avec le Mexique.

Les ailes de l'imagination

« La littérature peut permettre à l'âme de se libérer et offrir au corps de voyager dans des lieux et des époques où il n'a logiquement pas accès », expliquait Alina Romanowski, vice-secrétaire d'État, lors de la Foire du Caire où le projet fut annoncé. (On se souviendra d'ailleurs des épineux problèmes de censure qui avaient agité la Foire...)

« Les livres sont les ailes de notre imagination, ils nous emportent dans les maisons et les mondes d'autres personnes. À travers le programme Big Read, entre l'Égypte et les USA, nos pays vont parvenir à une meilleure compréhension réciproque et un respect mutuel. »

Assurer l'excellence

Pour Pauline Beete, spécialiste au NEA des affaires publiques, il n'existe pas de programme politique spécifique concernant l'Égypte en dépit des raisons évidentes pour lesquelles l'Amérique pourrait souhaiter parvenir à une meilleure entente entre les deux pays. « Nous avons de multiples programmes de traduction dans différents pays, y compris en Europe. La seule raison qui explique que ces programmes n'aient pas encore été mis en place dans d'autres pays, c'est que nous souhaitons assurer un niveau d'excellence. »