Dire des gros mots, c'est une putain de preuve de culture

Cécile Mazin - 16.12.2015

Edition - Société - gros mots - langage jurer - étude culture


L’étude publiée par le journal Language Sciences fait sourire : les gens qui disent des gros mots seraient plus cultivés que la moyenne. Est-ce à dire que le capitaine Haddock et son langage fleuri cachent en réalité une grande personnalité, cultivée et riche ? C’est ce qu’il faut en effet comprendre.

 

 

 

Les participants étaient invités à prononcer un maximum de mots grossiers et injurieux durant 60 secondes. Par la suite, les scientifiques leur demandaient de nommer autant de noms d’animaux que possible, durant la même période de temps. Les psychologues à l’origine de cette enquête ont alors conclu une chose : plus on connaît de gros mots, plus on est cultivé. 

 

Fuck off!!

 

Samuel! PereZ, CC BY NC ND 2.0

 

 

Taboo word fluency and knowledge of slurs and general pejoratives: deconstructing the poverty-of-vocabulary myth, titre de l’étude, semble en effet aboutir à ce constat. Le recours aux jurons dénote une capacité supérieure –, et cela sans qu’hommes ou femmes ne se différencient. 

 

Pour la première phase, 43 personnes, dont 30 femmes, furent réunies, âgées de 18 à 22 ans. 60 secondes chrono et en avant les jurons. Et pour la seconde partie, même panel, même chrono et cette fois, trouver des noms de bestioles. Chose intéressante, les participants ont su, en éliminant les doublons, proposer 533 jurons en tout. Y compris des choses assez exotiques, comme Pirate de cul... 

 

« Nous ne pouvons pas faire autrement que de juger les autres sur la base de leur discours. Malheureusement, quand on en vient aux tabous du langage, une hypothèse communément admise est que les gens qui jurent sont paresseux, n’ont pas le vocabulaire adéquat, ou manque d’éducation, voire n’ont tout simplement aucun contrôle sur eux-mêmes », précisent les chercheurs.

 

Eh bien, la conclusion de leur recherche vient faire mentir totalement ces a priori. Mais peut-on s’en étonner ? En réalité, ce que semble indiquer l’enquête c’est que plus on a de vocabulaire, en matière de jurons, plus on a de vocabulaire tout court. (via Science direct)