“Directrice sale pute” : après des mois d'injures répétées, une bibliothèque ferme

Cécile Mazin - 22.09.2020

Edition - Bibliothèques - insultes injures personnels - personnels bilbiothèque menaces - injures fermeture bibliothèque


Cela aura commencé avant le confinement, mais se “cantonnait” à « des injures sexistes à répétition ». Pour les personnels de l’établissement Colette Vivier, dans le XVIIe (Paris), la situation s’est envenimée. Désormais, les insultes sont « devenues des menaces physiques ».


 

Le message est agacé, sur Facebook, mais clair : « Nous décidons ce jour, mardi 22 septembre, d’exercer notre droit de retrait et de ne pas ouvrir la bibliothèque. » L’établissement situé dans le quartier des Batignolles a vécu la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Sur les quelques photos que diffuse la CGT Culture, les messages ne laissent pas vraiment place à l’interprétation. « Je vous vois, je vous casse la gueule, directrice ??? sale pute ». 
 
Injoignable, car fermée, la mairie du XVIIe n’a pas pu nous apporter de précisions. Seul le réseau Bibliothèques de Paris, qui réunit les 68 établissements de la ville, indique : « Suite à un problème de sécurité, la bibliothèque Colette Vivier restera fermée ce jour. Nous vous remercions de votre compréhension. »

En revanche, l’adjointe d’Anne Hidalgo, en charge du patrimoine, Karen Taiëb, s’est saisie du dossier. Cette dernière préside par ailleurs le Comité Hygiène et Sécurité de la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris.



 
L’administration devrait se rapprocher de la Direction de la protection et de la sécurité, service en charge, notamment, des bâtiments municipaux. « La bibliothèque Colette Vivier est spécialisée dans la littérature jeunesse. C’est un lieu d’accueil pour chacun dans un espace agréable et convivial », indique pourtant l’établissement.

Mais certains n’ont pas dû lire…


Commentaires
Droit de retrait pour des injures écrites à la main sur un mur ?

« En vertu des articles L. 4131-1 et suivants du Code du travail, un travailleur peut se retirer d’une situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Il doit alerter l’employeur de cette situation. Il s’agit d’un droit individuel et subjectif.» (sur le site du gouvernement)

Elle est où la situation de danger grave et imminent pour sa vie ? Certaines professions (comme les flics et les profs) se font insultés en direct toute la journée et restent à leur poste.
Dans le message « Je vous vois, je vous casse la gueule, directrice «, quel est le mot que vous ne comprenez pas ? Il s’agit bien de menaces.
Brève et catapultée: très bonne réponse!
Bonjour,



Quelques précisions sur le droit de retrait : il s'agit d'un danger grave et imminent pour la vie et la santé. Or, l'état de santé comprend la santé psychique, ce n'est pas seulement la vie. Par ailleurs, le caractère grave et imminent est laissé à la seule appréciation du salarié. En cas de litige entre l'employeur et le salarié, c'est un juge qui tranche...et non un internaute.

Enfin, le droit de retrait est un droit, à ce titre, il oblige à des devoirs. C'est pourquoi il ne peut être invoqué en cas de mise en danger de la vie d'autrui ou dès lors que le danger fait partie inhérente des missions du salarié (pour lesquelles il/elle aura été formé.e). Nous aurions du mal en effet d'entendre un pompier invoquer le droit de retrait parce qu'il juge un feu dangereux. C'est une précision juridique, puisque vous citez le code du Travail. Bien cordialement.
Et donc puisque c'est un juge qui tranche, un internaute n'aurait pas le droit de donner son avis ? Curieuse conception du débat.

Entre celle (celui ?) qui voit des flics nazis partout (et là, curieusement, personne ne corrige) et celui qui reproche un abus (à mon avis, manifeste) d'un fonctionnaire, on voit débarquer tous ses collègues.

Bel esprit de corps ! Quand on pense que Le Chapelier a détruit le corporatisme en France, il doit s'en retourner dans sa tombe grin

Contrairement à ce que vous semblez croire en revanche, il existe des professions pour lesquelles le droit de retrait n'existe pas : pompier et flics en font partie. Et si les profs l'exerçaient à chaque insulte, les gamins n'auraient personne en face à partir de la 6e (et même avant dans certains lieux, les plus agressifs étant souvent les parents).
Vous appelez ça corporatisme, j'appelle ça solidarité. 2 salles, 2 ambiances...
Bonjour,



Il me semble que la loi Le Chapelier a été abrogée en 1884 par la loi Waldeck-Rousseau, qui autorise la constitution de syndicats dans un certain cadre.



Concernant le droit de retrait des fonctionnaires de police et des pompiers, il est encadré également. Par exemple, les sapeurs pompiers peuvent exercer leur droit de retrait, dès lors qu'il ne s'agit pas de missions de secours.



Et quant à ma position personnelle, je m'inscris en solidarité pour toute dénonciation de violence, quelle concerne un fonctionnaire de police, de bibliothèque, d'un établissement de l'éducation nationale ou encore un actif du secteur privé ou libéral. Le monde est déjà terriblement violent, vous ne trouvez pas ?

Bonne journée à vous.
« Par exemple, les sapeurs pompiers peuvent exercer leur droit de retrait, dès lors qu'il ne s'agit pas de missions de secours. »

La bonne blague de l'année ! À part à l’entraînement, et encore, le seul moment où les SP se mettent en danger sont dans leurs missions... qui sont toutes des missions de secours (sauf les carences d'ambulances privées). J'en sais quelque chose : c'est un truc qu'on vous dit froidement pendant la formation : vous pouvez crever en mission et vous n'avez pas le droit de vous y soustraire. Si vous voulez vous barrez, faîtes-le maintenant !

Un peu comme un flic qui devrait se mettre en retrait quand il attaque un terroriste fou furieux ou un soldat quand il monte à l'assaut.

Le monde est devenu fou : les mots n'ont plus de sens...
Allez voir la définition de danger dans le dictionnaire. Et les flics et les profs ont souvent posé aussi des droits de retrait (souvent injustifiés dans le cas des premiers bien plus souvent agresseurs qu'agressés, en tant que brutes racistes, sexistes et homophobes radicalisées à l'extrême droite, comme l'ont montré de nombreuses affaires récentes.) Bref, encore une fois et comme c'est l'habitude à droite, vous n'avez aucun argument de fond, vous ne connaissez pas vos dossiers, vous prenez n'importe quel prétexte pour taper avec mauvaise foi sur les fonctionnaires et les syndicats par haine et fanatisme idéologique.
Ahhh bah si les flics et profs se font insulter toute la journée, pourquoi les autres pourraient pas supporter, enfin, quoi!

Vous êtes formidables, vraiment! Et qu'est-ce que vous en savez des conditions de travail des bibliothécaires de Colette Vivier? Continuez à casser des fonctionnaires et cracher sur leurs conditions de travail si ça vous chante, d'autres soutiennent! Bon courage aux collègues de Colette Vivier!
Visiblement, l'intervenant qui se permet par le mail antérieur de réagir au nom dit-il "de la C.G.T" n'est pas assidu utilisateur de la bibliothèque car il écrit :"se font insultés" au lieu de "se font insulter"...
Le sexisme et la misogynie sont des fléaux mondiaux qu'il faut combattre comme tels et pied à pied.

Ne rien laisser passer.
Bonjour,

Avant la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, que s'est-il passé ? Ce sont des enfants qui insultent le personnel (spécialisé littérature jeunesse) ? Pourquoi ? Impossible de trouver des infos sur ce sujet.
Encore des "jeunes" comme disent les médias. Les bien-pensants et autres sjw vont me dire qu'il ne faut pas faire d'amalgame... Et à quel moment nous arrêtons de faire l'autruche ? Lorsque ce pays ne sera plus notre ?

Notre jour viendra.
"Sur les quelques photos que diffuse la CGT Culture, les messages ne laissent pas vraiment place à l’interprétation. « Je vous vois, je vous casse la gueule, directrice ??? sale pute ». "



Le mot que vous ne parvenez pas à lire est "de merde" : "directrice de merde sale pute".
Ce n'est pas pour une seule insulte que les employées de cette médiathèque exercent leur droit de retrait, mais de toute évidence à cause d'un harcèlement depuis plusieurs mois, avec montée en puissance. On peut comprendre leur peur, non ?
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.