Discours d'extrêmes droites : une rengaine vieille de 100 ans

Clément Solym - 06.02.2012

Edition - Société - Arthur Goldwag - Etats-Unis - Extrémisme


La montée des extrémismes et des partis xénophobes, ou plutôt de la droite populiste, ne fait pas couler de l'encre qu'en France (notre actualitté). Dans The New Hate: A History of Fear and Loathing on the Populist Right (Pantheon) à paraître demain aux États-Unis, l'écrivain Américain Arthur Goldwag compare les discours des partis conservateurs actuels aux groupes antisémites des années 20.

 

L'auteur replonge ainsi dans les origines historiques des idéologies et des rhétoriques associées à l'islamophobie, aux sentiments anti-immigrations et autres standards des factions conservatrices contemporaines, tel que le mouvement Tea Party.

 

 

Il dessine un parallèle entre la littérature antisémitique et anticatholique d'il y a 100 cent avec les déclarations des politiques et commentateurs actuels affirmant que les musulmans représentent une menace à la sécurité et au style de vie des Américains.

 

Si Arthur Goldwag s'inquiète de la progression de mouvements idéologiques basés sur la haine et les idées simplistes, il reste optimiste sur la société américaine, surtout depuis l'élection de Barack Obama à la présidence.

 

«  Notre société est plus sophistiquée, et moins raciste » a-t-il expliqué à Reuters, « On s'améliore, mais l'un des plus grands défis auxquels nous avons à faire face est les personnes qui essaient de nous faire revenir en arrière, et ils ont beaucoup d'aide. »

 

Par « aide », l'auteur fait allusion aux médias de masse qui caractérisent nos sociétés actuelles. Les chaînes de TV h24, les débats radiophoniques et Internet ont permis le développement d'idées extrêmes en politiques, de manière plus accélérée et quantifiée que par le passé, selon lui.

 

C'est une minorité criarde et déterminée à faire du bruit, qui dispose aujourd'hui de plus de moyens de répandre ses idées haineuses au grand public.

 

« Dès que l'économie va mal, les gens ont tendance à chercher des responsables à blâmer, au-dessus ou en dessous d'eux (…) il y a beaucoup de ressentiment. », explique-t-il.

 

Cependant, il n'hésite pas dans à encourager les citoyens et les partis politiques à s'en remettre à la logique et de se montrer prudents face aux explications simplistes, soulignant que « l'antidote est la vérité et un scepticisme sain ». À méditer.