Discours de haine : l'édition se joint au boycott publicitaire de Facebook

Clément Solym - 05.08.2020

Edition - Economie - stop hate profit - discours haine facebook - boycott publicitaire Facebook


Le 17 juin dernier s’est montée la campagne Stop Hate for Profit : le projet était simple, interpeller les entreprises et leur demander de suspendre temporairement tout achat de publicité. Les deux réseaux de Mark Zuckerberg, Instagram et Facebook, étaient visés par ce boycott. Plus de 1100 sociétés et une centaine d’organisations ont pris part à cette campagne.


 

Au commencement, la Ligue anti-diffamation qui impulse le mouvement. Par la suite, des entreprises comme Coca-Cola, Nike, ou encore Starbucks et Levi Strauss qui emboîtent le pas. Zéro publicité sur les réseaux, aucun investissement, le temps que Zuckerberg prenne des mesures pour lutter contre la haine en ligne. 
 

89 % de filtrage possible


Après avoir perdu pas mal d’argent, Facebook s’est mis en devoir de traquer les contenus problématiques et lors de son audition, le PDG l’affirmait : le réseau est en mesure d’identifier 89 % des discours de haine. Il suffit alors de les supprimer, pour que l’Alt -right, l’extrême droite américaine, ou encore les messages antisémites, disparaissent. 
 

Le boycott publicitaire découle de « la grande responsabilité » qui incombe aux réseaux cités, dans la transmission et l’amplification des discours de haine, affirment les porteurs de cette campagne. Au mois de juillet, sans que les chiffres n’aient été officiellement confirmés, ce sont des millions de dollars que Facebook a vu s’évanouir.

Dans ce contexte, on apprend que l’éditeur britannique Profile Books, ainsi que les filiales Serpent’s Tail, Viper Books et Souvenir Press, se sont associées à ce mouvement. Andrew Franklin, directeur, indique que « Facebook n’a rien fait pour que cessent les discours violents, de haine, antisémites ni les fake news. Cela permet de manipuler les élections et de ruiner la vie des gens — tout cela pour vendre plus de publicité. Pour nous, c’est un anathème. »

Plus aucune publicité, donc, en dépit des facilités que Facebook offre, et un battage médiatique qui va se poursuivre : l’opération qui s’est déroulée sur le mois passé se prolonge en août. Et tout un chacun, entreprise ou consommateur est invité à y prendre part. 
 


« Zuckerberg ne s’attendait pas à ce que les annonceurs se révoltent : ils l’ont fait. Il ne s’attendait pas à ce que les employés prennent la parole : ils l’ont fait. Il ne s’attendait pas à ce que les organisations de défense des droits civiques s’unissent : nous l’avons fait. Il ne s’attendait pas à ce que Facebbok en paye le prix : c’est fait », clament les opérateurs. 

Grandissant, leur appel est désormais entendu par-delà les frontières. Et pour Flora Willis, en charge des réseaux sociaux chez Profile, le budget dépensé importe moins que la prise de conscience et la démarche. « Nous espérons que d’autres marques rejoindront ce boycott, que notre décision contribuera à sensibiliser le secteur de l’édition britannique et encouragera d’autres éditeurs à faire de même, pour que, même minime, nous ayons un impact sur Facebook. » 


via The Bookseller


photo : trevoykellyphotography / CC 0


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