Disparition de Diane di Prima, “voix féministe de la Beat Generation”

Antoine Oury - 27.10.2020

Edition - International - Diane di Prima - Beat Generation - poetesse americaine


À l'âge de 86 ans, la poétesse américaine Diane di Prima est décédée à San Francisco le 25 octobre dernier : participante active de la Beat Generation, elle en était « la voix féministe », selon Lawrence Ferlinghetti, poète et fondateur de City Lights Booksellers & Publishers, haut-lieu du mouvement. Elle laisse une quarantaine d'œuvres derrière elle.



Descendante d'émigrés italiens, Diane di Prima naît en 1934 à Brooklyn : elle s'essaye à l'écriture à l'adolescence et fait preuve d'une réelle ambition en la matière. À l'âge de 19 ans, elle entretient ainsi une correspondance avec un certain poète répondant au nom d'Ezra Pound... Elle publie son premier livre, This Kind of Bird Flies Backward, en 1958, au sein de la maison Totem Press, gérée par Hettie Jones et LeRoi Jones.

Elle collabore avec ce dernier pour la création de la lettre d'information The Floating Bear, distribuée par courrier, qui proposait de découvrir les textes de différents auteurs, dont Jack Kerouac et William Burroughs, entre autres. Elle assumera la rédaction et la coordination de cet organe d'information entre 1961 et 1971.

Toujours avec LeRoi Jones, avec lequel elle noue une relation intime, mais aussi aux côtés de James Waring, Alan Marlowe et Fred Herko, elle cofonde le New York Poets Theatre, qui ne jouait que des pièces en un acte, écrites par des poètes, le plus souvent de la Beat Generation. À travers ces différentes activités, elle fréquente de nombreuses figures du mouvement littéraire, et parvient à s'y faire une place, avec quelques femmes.




En 1969, elle publie Memoirs of a Beatnik, un récit littéraire évoquant ces années de contre-culture et d'expérimentations au sein de la Beat Generation, puis quitte New York pour s'installer à San Francisco au début des années 1970. Là, elle publiera ses Revolutionary Letters, chez City Lights Books, son œuvre la plus connue, « à moitié manifeste poétique, à moitié guide pratique pour susciter la révolte et éviter la répression », selon son éditeur.
 


Par ces écrits, di Prima faisait aussi référence à ses racines familiales et à l'influence de son grand-père maternel, anarchiste particulièrement convaincu et engagé. Elle travaillera toute sa vie ses Revolutionary Letters, ajoutant des éléments poétiques pour une œuvre mouvante.
 
« La voix unique de Diane et sa ténacité nous manqueront cruellement en ces temps difficiles. Personnalité fougueuse, Diane pouvait dénoncer les méfaits de l'oppression systémique dans ce pays comme personne d'autre, mais nous voulons également saluer son penchant pour l'enchantement et l'émerveillement », souligne City Lights Booksellers & Publishers, en guise d'hommage.

Avant Diane di Prima, la Beat Generation a perdu une autre voix féminine importante, Ruth Weiss, décédée en juillet dernier.




via Washington Post

Photographie : Diane di Prima au début des années 2010 (capture d'écran YouTube)


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