Disparition de l'écrivain brésilien Rubem Fonseca, âgé de 94 ans

Antoine Oury - 16.04.2020

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L'écrivain brésilien Rubem Fonseca est mort ce mercredi 15 avril 2020 à l'âge de 94 ans, des suites d'un infarctus, a annoncé sa famille aux médias brésiliens. Auteur d'une dizaine de romans et d'une quinzaine de recueils de nouvelles, l'auteur a notamment signé Agosto, un de ses romans les plus célèbres, traduit en français par Philippe Billé aux éditions Grasset sous le titre Un été brésilien en 1993.
 
Détail de la couverture du roman Un été brésilien, aux éditions Grasset
 

Né José Rubem Fonseca à Juiz de Fora, en 1925, le futur écrivain découvre Rio de Janeiro à l'âge de 8 ans, une ville et des quartiers qui accueilleront à bras ouvert son œuvre. Cette dernière commence au début des années 1960, avec la publication de nouvelles, puis se révèle au grand public, en 1973, avec la parution d’O Caso Morel, alors que Fonseca a déjà derrière lui une longue carrière d'avocat et de commissaire de police.

Une expérience professionnelle qui se retrouvera bien entendu dans ses livres, empreints de violence physique et de tension érotique. Des éléments qui poussent le ministre de la Justice Armando Falcão, en 1976, à réclamer la censure de son recueil de nouvelles paru l'année précédente, Happy New Year, pour « atteinte aux bonnes mœurs ». D'autres figures politiques le jugent pornographique, violent, si bien que les textes ne seront publiés qu'au début des années 1980.

Récompensé tout au long de sa carrière par de nombreux prix, dont plusieurs Prêmio Jabuti, une des récompenses brésiliennes les plus convoitées, Rubem Fonseca n'aura jamais cessé d'écrire, des romans, des nouvelles, mais aussi des scénarii. 

Ami de l'écrivain américain Thomas Pynchon, il reste comme lui connu pour son refus des entretiens médiatiques et sa réticence à apparaitre en public. 
 

Impliqué au sein de l'Instituto de Pesquisas e Estudos Sociais (Ipes), un institut au service de la propagande anticommuniste, dans ses premières années d'activité, en 1964, Rubem Fonseca avait expliqué, plusieurs décennies après les événements, qu'il n'avait « plus jamais approché le nouveau gouvernement [celui mis en place par le coup d'État militaire au Brésil, en 64, NdR], ni ceux qui l'ont suivi ».

En France, la plupart des livres de Fonseca ont été publiés par les éditions Grasset, dans une traduction de Philippe Billé.

via Rede Brasil Atual, El Pais



Commentaires
Ah! s'il pouvait exister ce cocon tendre et tranquille où les écrivains morts s'installeraient. Loin de la Terre, des critiques assassines et des jugements fastidieux. Sans une oeillade jetée sur nous ou los mots. Certains tricoteraient des nuages ou dragueraient la lune. D'autres, amants de la pluie, chanteraient avec elle. Et les moins ambitieux simplement dormiraient.



Adieux et merci à tous ces défunts récents qui nous laissent des livres.
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