Disparition de Michel Polac, provocateur génial et révolutionnaire

Clément Solym - 07.08.2012

Edition - Société - Michel Polac - Décès - Ecrivain


Ecrivain, journaliste, cinéaste, producteur, animateur, critique littéraire, le touche-à-tout, brillant et inclassable jusqu'au bout, est « mort d'épuisement après plusieurs maladies » selon sa famille, ce mardi, âgé de 82 ans.

 

Né en 1930, Michel Polac écrit son premier livre, La Vie Incertaine, à 26 ans sous le parrainage d'Albert Camus lui-même, aux éditions Gallimard. Lors de la réédition de l'ouvrage en 2007, Michel Polac avouera dans sa préface « On peut dire que j'écrivais pour ne pas me suicider ». Une quinzaine d'autres livres suivront tout au long de sa vie, dont Le Journal de San Pietro en 1962, La Luxure en 1999 et une partie de son journal en l'an 2000.

 

Lycéen à Janson de Sailly, l'homme fut d'abord un journaliste pour le moins précoce, intégrant à 17 ans le Club d'essai de l'ORTF, après avoir animé un journal lycéen avec des camarades.

 

 

Un an avant la publication de son premier roman, à seulement 25 ans en 1955, il lance sur France Inter avec François-Régis Bastide Le Masque et la Plume, émission radiophonique encore diffusée aujourd'hui. Incapable de sa cantonner à un domaine, il animera également des émissions littéraires à la télévision, comme Bibliothèque de poche de 1966 à 1970 et politiques, ou Droit de réponse en 1981. Il avait aussi formé un duo remarqué avec Eric Zemmour en 2006 et 2007 dans l'émission On n'est pas couché sur France 2.

 

La presse écrite aura aussi été marquée par l'homme, chroniqueur dix ans à l'Evénement du jeudi et collaborateur régulier de Charlie Hebdo. Selon André Velter c'est dans ce dernier hebdomadaire que Michel Polac fera connaître au public Le programme en quelques siècles d'Armand Robin, n'hésitant pas à écrire : « Je suis un vieux con, je ne connaissais pas le plus beau texte du XXème siècle. »

 

Enfin Michel Polac aura aussi donné dans la réalisation de films et téléfilms, avec Un fils unique, prix Georges Sadoul en 1970, Monsieur Jadis en 1975 ou Autoportrait en vieil ours (1998).

 

De nombreuses personnalités ont déjà rendu hommage ce soir au grand homme, de Christophe Dechavanne à Thierry Ardisson en passant par Fogiel ou Laurent Ruquier.

 

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a salué dans un communiqué la disparition d'« un authentique pionnier de la télévision et l'inventeur des premières émissions culturelles en public, […] une personnalité forte, un contestataire souvent contesté, qui impressionnait par sa verve et son humour décapant, mais aussi par sa passion pour le livre et sa capacité à défendre les nouveaux talents […]. Au sens le plus fort et le plus beau du terme, Michel Polac était un homme de lettres. »