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Disparition de Simone Veil, indissociable de la lutte pour les droits des femmes

Antoine Oury - 30.06.2017

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Simone Veil est décédée ce 30 juin 2017 à Paris, a annoncé son fils, l'avocat Jean Veil. Femme majeure de la vie politique française, elle avait défendu à de nombreuses reprises les droits des femmes devant des élus peu enclins à accorder des droits supplémentaires aux Françaises. Elle laisse derrière elle un important héritage politique, mais aussi quelques ouvrages.

 
simone veil
Simone Veil (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Née à Nice le 13 juillet 1927, Simone Annie Jacob est la benjamine d'une fratrie de 4 enfants. Sous le régime de Vichy, la famille de Simone Annie Jacob, juive, est menacée par le gouvernement de Pierre Laval et, le 30 mars 1944, toute la famille Jacob est arrêtée et déportée : les membres de la famille sont emportés dans différents camps.

 

Le 15 avril 1945, les Alliés libèrent le camp de Bergen-Belsen, où Simone Annie Jacob a vu mourir sa mère. Son père et son frère sont également morts, et seules Simone et ses sœurs Madeleine et Denise en réchappent.

 

À son retour en France, Simone Jacob va à la faculté de droit de Paris et à l'Institut d'études politiques où elle rencontre Antoine Veil, qu'elle épouse l'année suivante. Simone Veil devient avocate et occupe rapidement un poste au sein de l'administration pénitentiaire au ministère de la Justice. En 1970, elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature.

 

En 1971, elle siège au conseil d'administration de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) et s'oppose sans problème à la diffusion du documentaire sur l'Occupation Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, qu'elle juge partisan. 

 

Après l'élection de Valéry Giscard-D'Estaing à la présidence de la République en 1974, Simone Veil devient ministre de la Santé du gouvernement de Jacques Chirac : elle présentera en 1975 devant le Parlement le projet de loi pour dépénaliser l'avortement et légaliser l'interruption volontaire de grossesse. Un combat qui lui vaudra de nombreuses critiques et menaces des parlementaires de l'époque, et marquera le XXe siècle.

 


 

En 1979, elle enchaîne avec la présidence du Parlement européen, sous l'étiquette RPR, puis à la tête du parti libéral. En 1993, elle revient au gouvernement français grâce à Édouard Balladur, qui la nomme ministre d'État, ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville. Elle quitte le gouvernement deux ans plus tard, avant d'être nommée au Conseil constitutionnel. De 2000 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

 

Ces dernières années, elle avait manifesté son soutien à Nicolas Sarkozy et au mouvement de la Manif pour Tous, contre le mariage homosexuel.
 

40e anniversaire de la loi sur l'IVG : Simone Veil, l'instinct de vie

 

Sa riche vie politique, mais aussi son expérience de la déportation, ont fait l'objet d'un livre qu'elle a signé, Une vie, publié aux éditions Stock en 2007. Son fameux discours sur l'avortement a donné lieu à un livre, Les Hommes aussi s'en souviennent : discours du 26 novembre 1974, coécrit avec Annick Cojean et publié par Stock en 2004. Avec Clément Launay et Michel Soulé, Veil avait aussi cosigné L'Adoption : données médicales, psychologiques et sociales, aux Éditions sociales françaises en 1968.

À signaler la création, déjà, d'une pétition pour réclamer à Emmanuel Macron l'entrée de Simone Veil au Panthéon

La ligue des Droits de l'Homme rend bien entendu hommage à Simone Veil « dont le combat pour les droits des femmes fut exemplaire. Elle s’incline devant la forte personnalité de celle qui, déportée à 16 ans, mena une carrière politique fidèle à ses convictions dignes et respectueuses ». De son côté, le ministère de la Culture se souvient : « Simone Veil s'est éteinte mais la flamme de ses combats et de ses engagements en faveur de l'Europe, de la cause des femmes et pour que nul n'oublie les horreurs du passé nous éclaire. »

Françoise Nyssen, dans un communiqué, a également rendu hommage à la femme «  de conviction et de courage, Simone Veil [qui] aura porté, toute sa vie durant, ses combats au service du progrès » : 

 

 

Rescapée des camps de concentration nazis, son combat premier et permanent sera contre l’oubli : elle n’aura de cesse de faire entendre son témoignage, avec force et dignité, pour la mémoire des victimes, contre l’oubli de l’horreur concentrationnaire.

En tant que Ministre de la Santé, elle mène un combat historique pour l’émancipation des femmes : s’engageant à rebours de l’opinion, affrontant les menaces, elle fait voter en 1974 la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse.

Elle aura également un engagement décisif dans le combat pour l’Europe. Elle restera comme l’une des grandes artisanes de sa construction, à la tête notamment du Parlement européen, dont elle est la première femme à être élue Présidente.

Simone Veil aura porté le combat progressiste jusqu’au bout, dans toutes ses responsabilités : au Conseil constitutionnel ; dans de grandes fondations européennes pour la liberté d’expression, pour les sciences et la culture ; et à l’Académie française, dont elle devient membre en 2010.

Nous avons eu l’honneur d’être les contemporains de cette femme exceptionnelle. Faisons honneur à sa mémoire en prolongeant les combats multiples qu’elle a su porter – pour la paix, les femmes, l’Europe, la culture, la liberté.



via Wikipedia, AFP

Une vie - Simone Veil - Le livre de poche - 9782253127765 - 7,60 €


Pour approfondir

Editeur : Lgf
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ISBN : 9782253127765

Une vie

de Simone Veil(Auteur)

Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l'étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s'y montre telle qu'elle est : libre, véhémente, sereine.

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