Distribution : Faire barrage à Amazon provoque la crue des ventes

Antoine Oury - 02.09.2014

Edition - Economie - EDC maison d'édition - Amazon librairie en ligne - Educational Development Corp


À l'heure où le monopole d'Amazon est reconnu partout dans le monde, au moins dans le domaine du livre, les professionnels se sentent souvent impuissants devant l'hégémonie du rouleau-compresseur. Un petit distributeur et éditeur américain, EDC, pour Educational Development Corp., a rompu ses attaches avec Amazon en 2012, sans savoir ce qui l'attendait exactement. En réalité, une bonne nouvelle.


Everyone Poops

Everyone Poops (Tout le monde fait caca), best-seller chez EDC

(Al, CC BY 2.0)

 

 

Outre les librairies traditionnelles, les chaînes de librairies et les centres commerciaux, le distributeur EDC était bien évidemment en relation avec Amazon avant 2012. Pas pour le meilleur : « Nous vendions plus de livres à Amazon, mais nos affaires étaient sans cesse sur le déclin », se souvient Randall White. Constatant des baisses de revenus approchant les 40 %, le directeur général d'EDC tente le tout pour le tout, et se sépare du partenaire, un peu trop gourmand quant aux remises à lui consentir.

 

D'autres gros revendeurs, comme Costco ou Target, sont eux aussi abandonnés, « pour faire bonne mesure », précise Randall White, dont la société possède également la maison d'édition Kane/Miller. Le tout impactera le chiffre d'affaires de 2 millions $ à l'année, estime alors White, qui ne sait pas vraiment où il met les pieds. 

 

D'ailleurs, la décision a des conséquences bien plus importantes que le seul chiffre d'affaires, avec une chute des actions de 14 $ à 2,50 $. Actionnaire majoritaire de sa société, White garde la barre, et espère traverser la tempête à venir.

 

Finalement, si l'année 2012 n'a pas été la plus simple pour EDC, les chiffres ont renoué avec la hausse l'année suivante, et ceux de l'année 2014 ont atteint un niveau plus que satisfaisant : les ventes de juillet 2013 ont augmenté de 28 % par rapport à l'année précédente, quand le premier trimestre affiche des résultats 20 % plus élevés.

 

L'organisation en marketing multi-niveaux (MLM, Multi-Level Marketing) aurait sauvé le distributeur et éditeur. Malgré le départ des gros revendeurs, il peut compter sur une multitude de petites mains : les commerces locaux, comme le magasin de jouets Mary Arnold Toys à Manhattan, mais aussi les particuliers eux-mêmes. EDC a en effet créé une filiale de vente à domicile, sur le modèle des réunions Tupperware. Un particulier fait office de vendeur, rassemble ses amis, et touche une commission sur les ventes de livres réalisées, avec des tarifs compétitifs.

 

Pour de petites structures, éloignées des tentaculaires maisons Hachette ou Bonnier, les alliances locales, avec des acteurs tout aussi heureux de causer du tort à Amazon, semblent ainsi une arme efficace contre l'hégémonie. (via Business Insider)