Dividendes, actionnaires et coronavirus : les cas Lagardère et Vivendi

Camille Cado - 07.04.2020

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« J’ai dit très clairement que nous interdirions l’accès au soutien de la trésorerie de l’État à ceux qui verseraient des dividendes. » Le 30 mars dernier, Bruno Le Maire avait été clair sur le sort des entreprises. Parmi les mesures de soutien mises en place par l’État, se trouvaient le report de charges sociales et fiscales ou encore au recours du chômage partiel. Mais si certaines ont effectivement décidé de renoncer à cette distribution, d’autres font la sourde oreille...
 
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Lagardère renonce aux versements des dividendes
 

Face à ces déclarations et « aux enjeux de solidarité et de responsabilité qu’impose le contexte sans précédent de la crise liée à la pandémie de Covid-19 », Lagardère a annoncé qu’aucun dividende ne serait versé en 2020 pour l’exercice 2019.

Dans un communiqué en date de ce 7 avril 2020, le groupe a expliqué qu’il utilisera la trésorerie initialement allouée à ce dividende afin de créer un « fonds solidaire Covid ». Doté de 5 millions €, il servira à « soutenir les initiatives du Groupe en faveur de ses salariés et collaborateurs dans le monde, ainsi que, dans la mesure du possible, ses partenaires, qui tous subissent les effets importants de cette crise inédite ».

Pour rappel, le dividende de Lagardère est de 1,30 € par action au titre de l’exercice annuel. De plus, Lagardère s’était félicité d’une bonne année. Le groupe affichait en effet un chiffre d’affaires de 7,2 milliards € pour 2019, soit une évolution de 5 % en données consolidées et de 4,1 % à données comparables.

Concernant sa branche de l’édition, le chiffre d’affaires de Lagardère Publishing, pour 2019, s’était établi ainsi à 2,3 milliards €, soit 5,9 % de hausse en données consolidées et 2,8 % en données comparables.
 

Chez Vivendi, 697 millions d’euros distribués


De son côté, le groupe Bolloré — propriétaire entre autres de Vivendi et donc Editis — ne semble pas vouloir se résigner. Malgré l’injonction du gouvernement, le groupe de Vincent Bolloré maintient le versement des dividendes à ses actionnaires.

Et ce, alors que certaines de ces filiales comme Editis et Vivendi village ont déjà recours au chômage partiel. Canal + devrait également bientôt les rejoindre d’après un courriel du président du directoire du Groupe Canal Plus, Maxime Saada, envoyé ce vendredi 3 avril 2020.

Dans la convocation envoyée pour l’assemblée générale du 20 avril prochain — et rédigée après le début de l’épidémie, précise Les Jours — Vivendi annonce en effet : « Cette année, le directoire vous propose le versement d’un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2019, en progression de 20 %, représentant une distribution globale de 697 millions d’euros. »


Vivendi déciderait de rémunérer ses actionnaires alors qu’une partie des salaires seraient versés par l’État. Un choix qui ne saurait manquer de déplaire à quelques-uns des salariés... Les syndicats de Canal+ auraient d’ailleurs décidé de s’unir afin d’adresser une lettre à leur direction pour « demander que Vivendi soit solidaire et ne verse pas de dividende ni ne pratique de rachat d’actions ».
 

Amber Capital, premier actionnaire de
Lagardère, veut soutenir Hachette Livre


Pour leur défense, les membres du directoire de Canal — soit Maxime Saada, Franck Cadoret, Grégoire Castaing et Jacques Dupuy — ont annoncé que leur salaire serait baissé d’un quart « durant la période où le chômage partiel sera sollicité ».

Une décision insuffisante pour se montrer solidaire et responsable alors que gronde la crise économique. Comme le souligne un élu des membres du personnel : « Les salaires, pour la direction, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg de leurs revenus. Ils ont de multiples casquettes, des primes, des retraites chapeau, des plans d’actions… »




Commentaires
comme d'habitude on privatise les profits et on demande à "l'état régalien", c'est à dire nous avec nos impots, de couvrir les pertes

HONTEUX
Honteux!

Et ce ne sont pas les seuls!!

Publicis aussi avec les badinter aux commandes!



A defaut de legiferer, Name & shame mr le ministre!!!
La plus grande partie du résultat net de Vivendi se fait à l'étranger avec des salariés étrangers, là où il ne saurait être question de chômage partiel payé par la France.
Et pendant ce temps là , les salariés voient leur intéressement , participation et autre part variable de rémunération dues pour 2019 ramenés à peau de Chagrin ( restons correct!) pour cause de mauvais résultats 2019... MERCI PATRON
Lorsque j'étais salarié, un comptable de mon entreprise m'a dit de ne jamais négocier un contrat avec part variable ou intéressement : c'est tout simplement de l'arnaque. Mieux vaut une part fixe un peu moins intéressante que la somme d'une part fixe et un intéressement. La part fixe tombe toujours.

Faut-il pouvoir le négocier. En général, c'est un « package » que l'on file aux cadres, sous couvert d'avantage. C'est juste une arnaque.

Sauf pour le big boss & Consort, avec des avantages délirants.
Ecoeurant. Lamentable. Il faut boycotter ses filiales : ne pas regarder la chaine CNEWS. Ne pas s'abonner à CANAL PLUS ou résilier son abonnement. Ne plus aller au cinéma voir de films produits par STUDIO CANAL.... Il faut que chacun à son niveau fasse circuler l'information.
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