Dix années de prison : motif ? Ecrivain dissident chinois

Clément Solym - 19.01.2012

Edition - Justice - Chine - condamnation - écrivain


Pour treize articles publiés dans des journaux étrangers, l'écrivain Li Tie vient de se voir condamné par le tribunal de Wuhan à une peine de 10 années de prison. Militant défenseur des droits de l'homme et de la dignité humaine, comme le bien le plus précieux, ce dernier n'a pu éviter l'accusation de subversion...

 

En trente minutes ce fut plié, raconte l'agence Reuters. Et une semaine à peine, après que les deux autres militants Chen Wei et Chen Xi ont été condamnés à 9 et 10 ans eux-mêmes, le coup porté est dur. 

 

Durant la ‘dernière' séance, l'auteur s'est défendu comme il pouvait : « Je ne suis pas coupable d'avoir renversé le pouvoir de l'État. »Et pourtant, c'est bien ce que le pays retiendra contre lui. S'abritant derrière la liberté d'expression pour tenter de faire valoir son droit à la parole et à l'écriture, il n'aura de toute manière pas été entendu. 

 

 

Mais pour le tribunal, ce sont ses discussions sur des sites internet réactionnaires qui sont encore plus condamnables. De quoi lui reprocher des positions « anti-gouvernementales » et des exercices de subversions, pour lesquels sa culpabilité était de toute manière déjà fixée. 

 

Âgé de 52 ans, Lit Tie a été officiellement arrêté le 22 octobre 2010. Le gouvernement chinois, redoutant le souffle d'un printemps arabe dans ses contrées, a renforcé sa politique de lutte contre toute personne qui porterait une parole contraire au discours officiel. 

 

Seules la mère et la fille de Li Tie ont été autorisées à se rendre au jugement. Aucune des deux n'a fait de commentaires sur cette condamnation.