Doctorow prescrit des ebooks à prix discount pour les bibliothèques

Julien Helmlinger - 04.09.2013

Edition - Bibliothèques - Cory Doctorow - Bibliothèques - Ebooks


Sans changer son fusil d'épaule, le blogueur s'est à nouveau posé cette semaine en défenseur des bibliothèques et bourreau des DRM. Alors que les services de prêt peinent à se constituer une digne offre de livres numériques, Cory Doctorow s'est notamment entretenu avec l'American Association of Publishers, préconisant à l'industrie de pratiquer des tarifications discount à destination des bibs et de leur épargner les coûts liés aux logiciels de vérification des DRM.

 

 

 

Doctorow dans son antre 

 

 

A l'heure actuelle, une bibliothèque souhaitant fournir des titres numériques à ses abonnés se voit facturer jusqu'à cinq fois le prix de l'ouvrage afin de pouvoir disposer d'assez d'exemplaires. En outre, elle se voit contrainte d'investir dans d'onéreux logiciels permettant de s'assurer qu'un usager n'utillise qu'une seule copie de livre numérique à la fois. 

 

Des pratiques contreproductives selon Doctorow, qui exhorte également HarperCollins d'abandonner l'idée d'exiger des bibliothèques la destruction d'un fichier après 26 emprunts. Selon lui, cette exigence n'est que faussement justifiée par un parallèle dressé avec le fait que les livres papiers se désagrègent avec le temps.

 

Cette idée de transposition artificielle des ennuis du monde physique vers le monde numérique serait une dérive fondamentalement perverse. Et en effet, si la technologie permet d'améliorer la durabilité d'un produit, il est difficile de justifier l'idée qu'on reproduise alors volontairement ces faiblesses matérielles que l'on est en mesure d'éviter.

 

Par ailleurs, les bibliothèques ne sont pas en mesure de revendre leurs copies numériques, tandis que certaines d'entre elles ont coutume d'organiser des ventes annuelles pour se débarrasser des livres papier qu'elles ne souhaitent plus conserver. Autant de dérives qui donnent à Doctorow l'impression que les éditeurs se posent en concurrents des services de prêt plutôt qu'en partenaires.

 

Prescription de compromis

 

Le blogueur préconise davantage de compromis. Il estime que les bibliothèques pourraient fournir plus d'informations aux éditeurs, quant à la diffusion des ouvrages et sans violer les données personnelles des usagers, contre des réductions tarifaires et la fourniture de logiciels de gestion de catalogues numériques. 

 

Pour conclure, Doctorow rappelle que les bibliothèques servent de vitrine au monde du livre, auteurs et éditeurs compris. En livrant des recommandations aux lecteurs mais également en hébergeant des rencontres avec les auteurs.