Donald Trump promet de faire des misères à Jeff Bezos, patron d'Amazon

Cécile Mazin - 01.03.2016

Edition - International - Donald Trump - Jeff Bezos - Amazon Washington Post


Il est assez vulgaire, probablement porté par des idéaux racistes, et il reste un homme d’affaires dont les manœuvres laissent dubitatifs. Et au cours de l’une de ses interventions dans les meetings de campagne, Donald Tump s’est lancé dans un autre de ses plaidoyers, fustigeant cette fois l’un des entrepreneurs les plus en vue aux États-Unis. 

 

Donald Trump
Gage Skidmore, CC BY SA 2.0


 

Il était de passage dans le Texas, ce 26 février, à Fort Worth, pour haranguer la foule comme il se doit. Et c’est une charge étonnante que Donald Trump a déclenchée, contre Jeff Bezos, et sa société, Amazon. 

 

« Je respecte Jeff Bezos, mais il a acheté le Washington Post pour exercer une influence politique. Et je dois vous dire, notre pays est devenu différent de celui que nous connaissions. En effet, oui... Il est propriétaire d’Amazon. Il veut avoir une influence politique pour qu’Amazon puisse en bénéficier. Ce n’est pas juste. Et croyez-moi : si je deviens président, oh, oui, ils vont avoir des problèmes. Ils vont avoir de gros problèmes. »

 

On sourirait presque : les connexions entre la Maison-Blanche et le riche patron d’Amazon sont connues. On se souviendra que Barack Obama avait même décidé de faire de l’un de ses discours une tribune pour la boutique en ligne : « J’ai parlé avec Jeff Bezos hier, et il était extrêmement fier de ce que chaque employé d’Amazon souhaite améliorer ses compétences et s’enrichir. Et s’ils ont un rêve qu’ils veulent poursuivre, Amazon veut les aider à le faire. » C’était dans le centre Amazon de Chattanooga, en juillet 2013.

 

Et ce n’est pas l’unique exemple : Amazon aurait bénéficié de certaines largesses de la part de l’administration Obama. Durant le feu du procès opposant les éditeurs américains et Apple, au Ministère de la Justice, sur le prix des ebooks, certains ont vu dans le comportement de la Maison blanche des signes d’amitiés pour Jeff Bezos

 

Mais Trump ne s’est pas arrêté en si bon chemin : il a également promis de rouvrir toutes les législations sur la diffamation. Et ce, de sorte que quand des articles négatifs sont publiés à dessein, « nous puissions les poursuivre et gagner beaucoup d’argent ». 


Évidemment : le rachat du Post, effectué pour 250 millions $, à titre personnel, s’est effectué en août 2013. Et pour Trump qui se fait régulièrement dézinguer dans une partie de la presse, attaquer les médias est une chose qui coule de source. « Je vais vous avouer ce que je pense des médias : ce sont des groupes de personnes parmi les plus malhonnêtes que j’ai jamais rencontrés. Ils sont horribles. » (via Weekly Standard)

 

Et de citer le cas du New York Times, qui perd de l’argent, et que, prochainement, quelqu’un rachètera. Et en fera un média pire encore. 

 

Museler les médias, voilà une idée politique qui ressemble à une autre...