Données personnelles : LinkedIn épinglé par les bibliothécaires

Antoine Oury - 23.07.2019

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Les bibliothèques s'appuient parfois sur des prestataires extérieurs pour mettre à disposition de leurs usagers de nouveaux services, particulièrement des services dématérialisés. Mais c'est à l'occasion de tels partenariats que des exploitations de données personnelles se produisent. Après le rachat de Lynda.com, une plateforme de formation en ligne, le réseau social LinkedIn risque ainsi de collecter à tout va...

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(photo d'illustration, TAKA@P.P.R.S, CC BY-SA 2.0)


Les bibliothécaires américains avaient trouvé un partenaire idéal pour proposer des cours en ligne : Lynda.com disposait d'importantes ressources, et ses conditions d'utilisation convenaient très bien aux établissements. Mais, suite à un rachat, tous les contenus de Lynda.com passent sous la bannière LinkedIn, pour alimenter LinkedIn Learning, filiale consacrée à la formation, donc.

Et le réseau social professionnel, qui revendique 506 millions d'utilisateurs dans le monde, a mis les choses au point en adaptant ses conditions d'utilisation à l'accès aux cours en ligne de Lynda.com. Ce qui signifie que les usagers souhaitant en profiter doivent se créer un compte LinkedIn.

Soit. Mais les bibliothécaires ont eu la mauvaise surprise de découvrir que LinkedIn Learning réclamait lui aussi les identités complètes des usagers afin de les laisser accéder au service, en plus de leur numéro de carte de bibliothécaire et d'un mot de passe. Autant de données qui appartiennent ensuite à LinkedIn, libre de les utiliser comme bon lui semble ou de les revendre à des tiers.

Touche pas à mes données personnelles


« L'Association des bibliothécaires américains affirme depuis longtemps que la protection de la vie privée et de la confidentialité des usagers font partie des prérequis pour la liberté de penser, et sont essentielles à l'éthique du bibliothécaire », indique l'organisation dans un communiqué. 

Wanda Kay Brown, présidente de l'association, va même plus loin en soulignant que les conditions d'utilisation du service « vont à l'encontre des règles de l'ALA en matière de confidentialité des usagers, et pourraient même être contraires aux lois sur la vie privée en bibliothèques, dans certains États. » L'association n'hésite pas, par ailleurs, à engager les prestataires des bibliothèques à respecter un ensemble de règles sur le sujet.
 
Les leviers pour faire plier LinkedIn semblent assez ténus, toutefois : si le réseau social pourrait se laisser convaincre par le nombre d'usagers que les bibliothèques peuvent lui apporter, les établissements pourraient aussi se trouver dans l'obligation de chercher un nouveau partenaire.

« Toute externalisation présente un risque », nous expliquait Marion Chovet, auteure d'un mémoire sur la vie privée et les bibliothèques. « Les bibliothécaires doivent être particulièrement vigilants lors de la passation des marchés. Et même quand l’offre est gratuite, il faut veiller à l’utilisation des données des lecteurs. Si le fournisseur refuse de préciser l’utilisation notamment commerciale des données personnelles des usagers, il faudra alors renoncer à offrir un tel service. »


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