Allemagne : 64 auteurs s'élèvent contre le don massif de livres

Antoine Oury - 27.05.2015

Edition - International - lettre ouverte - auteurs allemands - dons massifs de livres


L'enfer est pavé de bonnes intentions, d'après ce que l'on dit : 64 auteurs jeunesse allemands ont adressé une lettre ouverte à l'éditeur Beltz & Gelberg et à l'organisation Stiftung Lesen en réaction à la distribution gratuite de 50.000 exemplaires d'un livre au sein des écoles du pays. D'après eux, cette « campagne marketing agressive » dessert les auteurs et les œuvres, en entretenant l'idée que la littérature devrait être gratuite, et sans promouvoir la diversité.

 

 

Growing Free Money on Flowers

(epSos .de, CC BY 2.0)

 

 

Bletz & Gelberg et Stiftung Lesen ont récemment dévoilé une opération de grande ampleur, avec la distribution de 50.000 exemplaires de In die Wildnis, premier tome de la série héroïc fantasy britannique Warrior Cats (La Guerre des clans en français). L'objectif affiché de ce don massif est de populariser l'étude de textes contemporains en cours, sans oublier celui d'intéresser les jeunes à la lecture.

 

64 auteurs jeunesse allemands cosignent une lettre assez crue adressée aux organisateurs : ils y critiquent l'opération, qui entretient d'après eux « l'idée que la littérature devrait être gratuite, et les droits d'auteur pas obligatoires, puisque des éditeurs peuvent donner des livres en masse, et perdre des millions ».

 

L'opération marketing évidente, derrière ce don de 50.000 tomes 1, afin de fidéliser de nouveaux adeptes de la série, est également critiquée, et comparée à un moyen d'« éjecter les autres auteurs et éditeurs des corpus étudiés à l'école ». Bien entendu, les auteurs précisent se réjouir « à l'idée que la promotion de la lecture se fasse en mettant un livre dans les mains de chaque enfant », mais sinon, l'opération ne trouve pas grâce à leurs yeux. 

 

Le « point Godwin » du livre est atteint lorsque les 64 auteurs comparent d'une seule voix l'opération à un don de bons de réduction par... Amazon. 

 

Voilà qui va faire réfléchir les uns et les autres, assurément.

 

(via BuchReport)