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Dorian Gray, Alice, Othello : Désordres psychologiques et syndromes

Julien Helmlinger - 19.07.2013

Edition - International - Psychologie - Syndromes - personnages littéraires


Les bouquins relatant des aventures extravagantes ou évoquant des protagonistes complètement déjantés ne manquent pas, et parfois c'est bien ce qui donne au récit son caractère. La déglingue en littérature, c'est souvent une bonne raison de quitter sa petite routine pour se laisser absorber au sein d'univers inconnus. Mais si on devait vivre dans la peau de ces personnages qui peuvent perdre le sens de la réalité, ça pourrait virer à l'enfer. Si bien que plus d'une « maladies mentales » se sont vues attribuer des noms de personnages fictifs.

 

 

 Le baron de Münchhausen

 

 

Des syndromes comme s'il en pleuvait... Que ce soit celui d'Alice au pays des merveilles, celui de Dorian Gray ou encore d'Othello et du baron de Münchausen, si vous pensiez être sain d'esprit, il se trouve forcément l'un d'eux pour faire écho aux symptômes que vous présentez. 

 

Par exemple, si vous percevez certaines parties de votre corps comme plus ou moins grandes qu'elles ne sont réellement, avec des réflexions du type « Chéri, tu trouves pas que j'ai les fesses qui dépassent de mon maillot de bain de l'an dernier », alors tout porte à croire que vous êtes atteint du syndrome Alice Au Pays des Merveilles.

 

Et pour cause : la petite fille ne cesse de grandir et rapetisser, pour parvenir à se déplacer dans cet univers étrange. Si en plus vous avez la perception qui déraille niveau temporalité, et que vous pensez encore avoir 22 ans - anniversaire célébrés depuis 10 ans, alors catastrophe, courez consulter.

 

Autre exemple : prenons le cas d'un jeune garçon qui aurait une trouille bleue de se voir vieillir - ça sent le syndrome Peter Pan, mais pas tout à fait. Car de fait, plus que le vieillissement, il s'agit en réalité de redouter que son corps ne soit soudainement difforme, malade... bref, périssable. Là, vous entrez directement dans le cas du syndrome Dorian Gray

 

Étant donné que le diable ne se trouve pas à chaque coin de rue, pour vous faire signer un pacte, c'est avec du Botox que vous allez sculpter votre propre tableau idéalisé. À la différence du syndrome Peter Pan, qui souhaite rester enfant toute sa vie, le malade cherche à maintenir son apparence toujours impeccable. Là encore, le phénomène est plus courant qu'on ne le croit... Voilà un documentaire criant de vérité : 

 

 

 

 

 

Othello, c'est plutôt le côté jaloux possessif, disposé à imaginer que tout le monde le trompe et le trahit: il est prêt alors à commettre des meurtres, saisi par un délire paranoïde. Une virée obsessionnelle complète, avec option comportement violent sur autrui... Pour mémoire, Othello va tuer son épouse, convaincu qu'elle l'a trompé...

 

Enfin, si Carl Friedrich von Münchhausen fut un véritable officier de la cavalerie allemande, il était surtout passé maître dans l'art du mensonge et de l'exploit imaginaire. Une sorte de Don Quichotte sans le charisme ni la quête d'idéaux. Mais ici, on s'approche du pervers narcissique, qui tente de convaincre tout un chacun dans son entourage qu'ils sont malades et ont indéfectiblement besoin de lui. C'est l'inverse de l'hypocondriaque, qui va persuader ses proches qu'ils sont, eux, malades. Une attitude compulsive et irrepressive, dont les victimes du syndrome ont pleinement conscience, sans parvenir à le contrôler...

 

Ne riez d'ailleurs pas trop : tous ces symptômes sont authentiques...

 

Via LitReactor.