Droit d'auteur : ça gagne combien un écrivain en Europe ?

Clément Solym - 01.10.2010

Edition - Economie - droit - auteur - europe


Combien gagne un auteur espagnol ? Ou allemand ? Et pour la France, la Grande-Bretagne, vous savez ? En fait, les écrivains d'Europe sont-ils tous logés à la même enseigne ?

« Force est de constater que les régimes de droits d’auteur (dispositions législatives et usages) qui organisent la relation entre auteurs et éditeurs varient d’un pays à l’autre », analyse le MOTif dans une dernière étude qui établit un état des lieux du droit d'auteur en Europe.


Laure Pécher et Pierre Astier de l’Agence littéraire Pierre Astier et associés, se sont vus mandatés pour réaliser cette enquête, à travers trois pays, Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne, en plus de la France. Interrogée par l'AFP, Laure Pécher explique : « Une des grandes surprises de l'enquête, c'est que les éditeurs et même les agents littéraires ne savent pas ce qui se pratique dans les autres pays. »

Brosser un tableau global


À l'approche de la Foire du livre de Francfort, l'étude se pose comme un regard global sur le marché, sans pour autant permettre à l'auteur polyglotte de pouvoir se décider pour un marché ou un autre, dans lequel il serait privilégié.
Parmi les enseignements de l’étude, on note la faible représentation des syndicats et organisations d’auteurs tous pays confondus et les répercussions néfastes tant pour les auteurs que pour les éditeurs de l’abrogation de la loi sur le prix unique du livre en Grande-Bretagne. S’agissant de la durée de la cession de droits, l’Espagne se singularise avec une durée maximale limitée à 15 ans alors qu’ailleurs elle correspond généralement à la durée de la propriété intellectuelle.

Plus que l’opposition entre copyright et droit d’auteur, c’est le refus du législateur britannique d’intervenir dans les relations contractuelles entre auteur et éditeur comme dans toute relation contractuelle d’ailleurs qui éloigne fondamentalement le modèle continental du modèle britannique. S’il est encore tôt pour dresser un tableau des droits numériques, l’étude présente toutefois les débats en cours et établit les premiers constats.
Et l'Europe des livres en chiffres

On constate cependant que parmi les trois pays, la France est celui où le chiffre d'affaires du secteur est le moins important. De même, nous sommes le dernier producteur en termes de nouveautés annuelles. Il faut cependant tenir compte des situations de chaque pays, et des conditions de vie qui diffèrent de l'un à l'autre.
  • Allemagne : 9,69 milliards €, 93.124 titres (il s'agit du prix public, nombre de livres vendus multiplié par le prix de vente, et non CA remisé comme pour les autres pays)
  • Grande-Bretagne : 3,572 milliards €, 133.224 titres
  • Espagne : 3,11 milliards €, 76.200 titres
  • France : 2,7 milliards €, 74.788 titres
Évidemment, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes de types tractopelle, comme le précise l'étude.

Il n'en demeure pas moins que le paysage européen est assez varié, avec pour exception notable, l'absence de prix unique du livre en Grande-Bretagne, bien que d'autres spécificités demeurent. Une situation qui n'est pas sans incidence toutefois sur le droit d'auteur dans le pays.

Avec 40 milliards € de chiffre d'affaires, le livre reste le marché culturel le plus important en Europe. Pour 2009, en France, ce serait 54 % du secteur des biens culturels.

Les études, pays par pays, sont sur le site du MOTif.