Droits numériques : le monde de l'édition patauge

Clément Solym - 29.01.2010

Edition - Justice - droits - numériques - monde


Au cours d'une conférence, animée par Richard Curtis, qui se tenait mardi, la difficile question des droits numériques a été largement abordée. Agents, avocats et éditeurs se retrouvaient pour discuter du problème, rapporte Publishers Weekly.

"Tomorrow's Book Contract", un bel intitulé pour une lourde problématique n'aura pour autant pas dégagé de réponses, mais au moins aura-t-on pointé du doigt les écueils de la fracture qui de plus en plus fissure le monde de l'édition.

L'un d'entre eux est celui du marché libre. Ce droit est accordé à un éditeur de vendre des livres en langue anglaise dans les pays européens autres que le Royaume-Uni : en raison de la proximité de l'Angleterre et du Vieux Continent, ce marché était jusqu'à présent l'apanage des maisons d'édition britanniques.

Or, avec l'avènement du numérique et la fin de la barrière de la distribution, comment gérer les droits numériques dans ce cadre du marché ouvert ? Car la situation ne pourrait pas être viable, que de voir une version anglais vendue aux États-Unis, une autre pour l'Angleterre et une troisième pour le marché libre.

On s'en doute, si deux publications, américaine et anglaise, cohabitent, on verra alors sur le marché deux tarifs dans deux devises différentes. Un choix pour le consommateur, un casse-tête pour les éditeurs qui souhaiteraient racheter les droits, car il est évident qu'ils n'oublieront pas d'acheter les droits numériques.

Prenons le cas concret de Penguin UK et US : là encore la situation pourrait sembler simple, mais pour les différentes éditions d'un même livre, détenu par un éditeur, il faudra encore penser aux différents ISBN, afin que les marchands puissent différencier l'une de l'autre version.

En découle une des préoccupations des agents : l'adaptation. Aujourd'hui, on parle de Vooks, des livres vidéo, alors que l'on est loin de savoir ce que ce terme peut désigner (tout et rien, en fait). Miriam Kriss, agent pour Irene Goldman : « Vendre des droits dont je ne sais même pas ce qu'ils sont actuellement, cela me colle des sueurs froides. » Car, qui peut dire ce que désigne « une adaptation numérique », terme générique utilisé pour faire signer la cession de droits ? Vendre des ebooks, d'accord, mais encore faut-il s'entendre : on ne touche pas les mêmes sommes pour une adaptation vidéo que pour une transposition numérique...

Quant à la question du pourcentage accordé sur les ventes de livres numériques...

Et depuis l'apparition de l'iPad, et la concurrence avec Amazon, dont on ignore ce que l'un comme l'autre prévoit pour le long terme n'a sûrement pas fini de donner des cauchemars aux acteurs du livre.

Pour la France, le problème serait assez simple, nous expliquait Yves Frémion : "Ne signez rien !"