Drones, mashup, vidéomaton : le patrimoine de Deauville en mouvement

Antoine Oury - 11.05.2015

Edition - Bibliothèques - Deauville - bibliothèque médiathèque - fablab drones mashup


Au fil de son parcours, de la région parisienne à la Manche, où elle ouvre une médiathèque à Villedieu-les-Poêles, Gwenaëlle Lancelot a acquis la réputation d'une obstinée, y compris sur des projets au long cours. Responsable de la médiathèque de Deauville depuis 10 ans, elle prépare avec son équipe l'ouverture des Franciscaines, une réhabilitation qui permettra de valoriser et d'utiliser les fonds patrimoniaux de la ville...

 

 

Deauville Livres & Musiques 2015

Gwenaëlle Lancelot, aux côtés de Michel Bernard, au micro, lauréat du Prix des Lecteurs

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Premier scoop, ou presque : Deauville dispose bien d'un quartier populaire, Les Coteaux, évidemment invisible depuis le célèbre front de mer. La médiathèque de Deauville y est installée, même si elle dispose aussi d'un accès en centre-ville. Avec ses 700 m², 70.000 documents, livres, CD, DVD, revues, jeux vidéo, livres numériques, la médiathèque sert 900 usagers, sur les 4000 habitants de Deauville. 

 

L'établissement a, à quelques reprises, été salué pour sa capacité d'accueil personnalisé, et ses initiatives pour l'améliorer. 

 

Le programme annuel de la médiathèque est plutôt fourni : un de ses points d'orgue est le Festival Livres & Musiques, inauguré cette année avec le Prix des Lecteurs remis à Michel Bernard pour Les Forêts de Ravel (également lauréat du Prix de la Ville). « Nous disposons d'un comité de lecture très actif qui se réunit deux fois par mois, sélectionne des ouvrages sur la musique. Nous travaillons ensuite avec Raphaëlle [Rivière, organisatrice du festival, NdR], et 35 livres sortent aux mois d'octobre-novembre de l'année précédant le salon. Il n'en restera qu'un... », explique Gwenaëlle Lancelot, responsable de la médiathèque.

 

Si le comité de lecture reste encore entièrement féminin, les usagers de la médiathèque sont plus paritaires, même si certains profils de lecteurs se dessinent (romans policiers et historiques, documents, revues pour les hommes, romans et biographies de toutes sortes pour les femmes). 

 

Outre le festival, la médiathèque s'est dotée d'un kiosque mobile, développe avec les assistantes maternelles, la crèche et les écoles un programme fouillé pour la jeunesse, ou encore une bibliothèque de graines au mois de juin, sous les arbres du parc Gulbenkian de Deauville. La période estivale permet également d'organiser des expositions au Point de vue, permettant de valoriser les deux fonds consacrés à la mémoire de Deauville, aux chevaux ou aux films américains, éléments incontournables de l'histoire de la commune.

 
Les Franciscaines entrent en scène
 

La médiathèque est ouverte depuis 3 ans au public, mais mène une politique de recensement et d'archivage depuis une décennie, avec numérisation, notamment, de cartes postales et de photographies. « L'histoire de Deauville, les écrivains qui sont passés dans la ville : De Chanel à Reynaldo Hahn, en passant par Colette et les grands noms du cinéma, acteurs, producteurs, réalisateurs, il y a de quoi faire », souligne Gwenaëlle Lancelot.

 

Cet été, les équipes inviteront le public à découvrir le projet qui les occupe depuis un moment : « Les Franciscaines entrent en scène » précéderont l'ouverture d'un espace de 5000 m² « de médiathèque et de lieu de vie », issu d'une réhabilitation de l'ancien couvent des Franciscaines de Deauville. Le lieu sera ouvert en 2018, mais les Deauvillais pourront anticiper et participer à diverses activités.

 

« Les Franciscaines entrent en scène », de la fin juin au début du mois de septembre, développera un programme numérique avec vidéomaton, imprimante 3D, tables mashup ou encore initiation et découverte de drones. « Je pense que l'éducation scientifique et technique devient vraiment très importante, et on ne peut pas se passer d'une initiation au codage, à la robotique, à toutes ces nouvelles technologies que l'on ne maîtrise pas. » Les équipes de la médiathèque se forment en ce moment auprès du FabLab de Caen.

 

Les tables mashup, semblables à celle de Romuald Beugnon présenté au Centre Pompidou l'année dernière, permettront d'utiliser les collections numérisées de l'établissement. « Cela nous permettra d'exploiter un scénario autour de l'histoire de Deauville, avec toutes les cartes postales et toute la richesse dont nous disposons, autant d'éléments dans le domaine public », souligne Gwenaëlle Lancelot.

 

Toujours dans la perspective de l'ouverture des Franciscaines, les collections de la médiathèque se sont enrichies avec la donation Hambourg ou celle de Louis Romanet, qui a fait don de ses œuvres consacrées à l'univers hippique. Un partenariat avec France Galop, société d'encouragement des courses, a également été mis en place.