DSK / Aubry : une si grande rivalité, avant l'affaire Sofitel

Clément Solym - 25.08.2011

Edition - Les maisons - DSK - rousselot - Aubry


Alors que les charges contre Dominique Strauss-Kahn viennent d'être abandonnées, deux livres révèlent les coulisses du duel entre DSK et Martine Aubry pour les primaires du PS, avant que l'affaire Sofitel n'éclate.


Le PS s'était réjoui, de la libération de DSK, car enfin, justice était rendue. La première réaction de Martin Aubry fut de dire que sa libération était un « immense soulagement » et que « nous [les membres du PS] attendions tous qu’il sorte de ce cauchemar », rappelle le Guardian. Le cauchemar aurait-il commencé lors de l'affaire DSK pour la maire de Lille, vraiment ?

Quelques casseroles


Pas si sûr, car avant l'arrestation de Strauss-Kahn le 14 mai à New-York, l'ex-patron du FMI et Martine Aubry étaient en très grande rivalité dans la course à l'investiture socialiste, selon deux livres à paraître à la veille de l'université d'été de la Rochelle du PS.

Le premier Le choc, New-York-Solférino, le feuilleton DSK soutient la thèse d'une "partie de poker menteur" entre les deux politiques. Il paraîtra jeudi et a été écrit par deux journalistes : David Revault d'Allones, journaliste à Europe 1, et Fabrice Rousselot, correspondant à New York pour Libération.

Le livre fourmille de révélations, tout d'abord la question des candidatures bien entendu. DSK était-il décidé à se présenter ? Le livre révèle qu'il aurait pris sa décision à Marrakech, où il était parti pour les vacances de Noël, à l'occasion d'un dîner avec des amis. Parmi eux : Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, l'avocat Jean Veil et Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances. DSK les aurait alors consulté un par un pour finalement achever sa réflexion par un oui à la candidature, explique le nouvel obs qui révèle les premiers passages du livre.

Dans l'ouvrage, des proches de DSK affirment qu'il aurait ensuite commencé à constituer son équipe, et choisit Laurent Fabius "comme directeur de sa campagne présidentielle". Son équipe aurait également fait affaire avec les dirigeants d'Ipsos pour réaliser des études d'opinion pour la primaire. François Hollande raconte d'ailleurs, à propos de Strauss-Kahn : « Il expliquait que si Martine y allait, il n'irait pas. Mais en février, il considérait que Martine ne comptait plus. Le rapport de force entre les deux avait changé. Il y avait chez Dominique l'idée que ça allait se faire tout seul, la certitude que ça allait marcher. Sans combattre. L'idée que le match allait se jouer sans qu'il ait besoin de mettre le maillot et d'aller chercher le ballon », précise France Soir.

Aubry dans l'opposition

Cependant, Martine Aubry ne tient pas le même discours concernant la candidature de Strauss-Kahn. Six semaines après l'arrestation de ce dernier, Aubry avait déclaré que DSK hésitait à se présenter selon le nouvel obs : « Pendant deux ans, nous avions beaucoup travaillé, discuté ensemble. Ce n'est qu'à partir de décembre dernier que nous avons davantage parlé de la présidentielle. Et, début mai, la décision définitive n'était pas prise, comme il l'a dit à tous ceux qu'il a vus à ce moment-là. Il hésitait. Nous pensions que nous étions tous les deux en capacité. On n'était pas au bout de notre réflexion. Et jusqu'à la fin, on continuait à réfléchir. »

Dans l'autre livre faisant état de la rivalité entre les deux socialistes, Martine Aubry, Les secrets d'une ambition, les auteurs Rosalie Lucas et Marion Mourgue soutiennent que DSK aurait clairement annoncé sa candidature à la maire de Lille le 14 janvier. Aubry lui aurait alors demandé des « engagements » le 4 mai, ce qui n'aurait pas plus à l'ex-patron du FMI ayant affirmé : « Martine a l'impression que je glandouille (...) que je suis toujours entre deux stations de sports d'hiver (...) Elle veut des gestes, mais je ne peux pas en faire qui me mettent en porte à faux avec Washington », a précisé l'AFP.

Toujours selon l'ouvrage, Aubry aurait réagi pour la première fois avec Anne Sinclair au téléphone dans la nuit du 14 au 15 mai en lui disant : « Il fait chier Dominique », avant de s'« effondrer en larmes », selon l'AFP.


Le Choc
de David Revaud d'Alonnes et Fabrice Rousselot (édition Robert Laffont, 257 pages, 17 euros).
Martine Aubry, Les secrets d'une ambition de Rosalie Lucas et Marion Mourgue (édition l'Archipel, 251 pages, 18,95 euros)

Crédit Photo : AFP