Du Ministère de la Culture à la BnF, les Pokémon envahissent le monde du livre

Sophie Kloetzli - 29.07.2016

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Le phénomène Pokémon Go a envahi le monde entier, et les hauts lieux de la culture n’ont pas été épargnés. À Paris, il n’est pas étonnant de voir des joueurs chasser ces petites créatures à la BnF, à la Comédie-Française ou encore devant le Ministère de la Culture. Les libraires eux-mêmes bénéficient de regains d'affluence lorsque les développeurs leur attribuent un Pokéstop, sorte de boutique en ligne. Ce jeu serait-il l'occasion d'entretenir ou de renouveler l'amour des dresseurs de Pokémon pour les livres ?

 

(BagoGames / CC BY 2.0)

 

 

Un Pokéstop est un endroit, choisi par les concepteurs du jeu, où les joueurs peuvent faire le plein de Pokéball, de potions, d’oeufs etc. Il s’agit de lieux particuliers, très fréquentés ou historiques, par exemple. Or, les librairies peuvent aussi êtres des candidates à ces points névralgiques du jeu...

 

Si les Pokéstop sont pour la plupart imposés par le jeu, certaines entreprises ont bien compris l’intérêt qu’il pouvait y avoir à créer un Pokéstop à proximité de leur commerce pour attirer la clientèle. Cependant, depuis le 22 juillet, la société Niantic, à l'origine du jeu, refuse de prendre en compte des requêtes supplémentaires concernant la création de Pokéstop, sans doute submergé par le nombre de demandes... En revanche, il est désormais possible de demander le retrait d’un Pokéstop, si celui-ci peut avoir des conséquences nuisibles.

 

Le Pokéstop, le Saint Graal des libraires ?

 

Les libraires interrogés disposant de Pokéstop n’ont pu que constater une hausse des fréquentations... de leurs vitrines. À la librairie jeunesse Récréalivres au Mans, Gwendal Oules remarque que le Pokéstop a attiré des gens davantage devant le magasin qu’à l’intérieur. La créature cachée dans l’enseigne de la libraire, qui représente une sorcière, provoque l’attroupement de dresseurs anxieux de l’attraper. Pourtant, bien qu’il trouve le jeu « amusant, créatif et intelligent », le libraire ne se réjouit pas trop vite : « Ce n’est pas ça qui va faire acheter des livres ». Les chasseurs de Pokémon seraient-ils trop concentrés sur leur téléphone pour s’intéresser aux livres qui les entourent ?

 

« C’est un hasard que [ma librairie] soit un Pokéstop », remarque Gwendal Oules. « Ce n’est pas que j’ai subi ce phénomène, mais je ne demande pas non plus aux gens quels Pokémon ils attrapent. » Ce à quoi il ajoute néanmoins : « On joue le jeu, on les aide parfois à trouver l’endroit exact du Pokémon caché. »

 

 

La librairie Expérience à Lyon, spécialisée quant à elle dans les bandes dessinées, les mangas et les comics, voit d’un bon oeil l’apparition de son Pokéstop. L'équipe compte télécharger l’application prochainement et jouer dans la librairie pour créer du lien avec la clientèle adepte du jeu. Peut-être même créer un groupe Facebook à ce sujet. « Tous nos éditeurs sont dessus », souligne-t-il, conscient du potentiel que recèle le jeu pour son commerce. 

 

D’autant que la librairie vend des mangas, genre susceptible d’intéresser les fans de Pokémon, et qui sait, de leur faire lever les yeux de l’écran ? Quoiqu’il en soit, le phénomène ne choque pas le libraire, qui était lui même un fan du jeu : « Pokémon, c’était ma vie », s’enthousiasme-t-il.

 

En bibliothèque, Pokémon Go rajeunit la culture

 

La bibliothèque de Ronchin semble tout aussi optimiste à l’idée de voir affluer les dresseurs vers le Pokéstop qui se trouve devant l’établissement. « C’est une bonne chose pour la bibliothèque », se réjouit Damien Kebdani, « c’est un lieu où l’on peut se ressourcer non seulement avec des livres mais avec des jeux. » Si les adeptes du jeu ne peuvent profiter du Pokéstop qu’en dehors de la bibliothèque, le personnel les incite à entrer, parfois avec succès. 

 

 

L’apparition du Pokéstop a fait l’objet d’une publication sur le site de la bibliothèque ainsi que sur sa page Facebook. « Il serait dommage d’être en dehors de ce phénomène de mode », poursuit Damien Kebdani, « ça donne un côté plus jeune et plus décalé à ce lieu de culture vieillissant ». 

 

Les Pokémon à l'assaut des hauts lieux de la culture parisienne

 

La rédaction est partie chasser des Pokémon elle aussi, dans les hauts lieux de la culture à Paris, du Ministère de la Culture à la BnF...

 

 

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