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Du retour aux machines à écrire, à l'époque des tablettes tactiles

Cécile Mazin - 29.05.2013

Edition - International - machines à écrire - tablettes tactiles - écriture


Depuis Los Angeles, un véritable collectionneur d'antiquités s'est fait remarquer. Cet homme, Ermanno Marzorati, est devenu célèbre, alors qu'il restaure et accumule les machines à écrire d'auteurs célèbres. Depuis 1969, cet artisan, aujourd'hui âgé de 69 ans, est devenu une légende. Mais il n'est pas le seul : à l'époque de la dématérialisation et du cloud, les hommes se refugient dans les choses concrètes.

 

 

 

The Hansen Writing Ball

 

 

 

Un reportage de l'AFP fait en effet état de plusieurs collectionneurs, pour qui la machine à écrire fait l'objet d'un véritable culte. L'homme d'affaires, Steve Soboroff les collectionne également, et il recèle de nombreux trésors. Client privilégié de Marzorati, Soboroff aime se retrouver dans l'atelier du vieil italien.

 

On y trouve, pêle-mêle, des appareils dont se sont servis Ian Fleming, Tennesse Williams, Ray Bradbury ou encore Hemingway, Orson Welles ou John Lennon. 

 

Une soixantaine de ces antiquités sont en attente de restauration, notamment une Underwood, datant de 1930, qui appartient à... Tom Hanks, lui-même féru de machines à ruban encreur. 

 

L'un des grands exemples de cette maniaquerie, c'est évidemment Woody Allen. À l'occasion d'un reportage qui lui était consacré, le réalisateur expliquait comment il avait conservé l'habitude d'écrire sur la même machine depuis l'âge de 16 ans. Avec une méthode de copier-coller toute particulière - si improbable, comme on l'attendrait de sa part. 

 

 

 

Loin des écrans tactiles sans âme, voici donc des millionnaires aux goûts farfelus, qui préfèrent le bruit de la touche qui frappe fort, et le *DING* du retour à la ligne. Et notre réparateur les comprend très bien : travailler sur une machine, c'est avant tout prendre le temps du travail, une sorte d'éloge à la lenteur. Comme les corrections ne vont pas aussi simplement qu'avec un traitement de texte logiciel, la prudence est de mise. 

 

Et nombre de scénaristes et autres réalisateurs travaillent, manifestement, encore avec cette machine. Christopher Lockett, documentariste et réalisateur, en témoigne : « J'éteins mon iPhone, je sors ma machine, je fais abstraction des erreurs et j'écris, pa pa pa pa pa, ding ! » 

 

Pour l'occasion, on retrouvera sur iO9 une série de machines, démontrant l'évolution des techniques avec le temps

 

http://io9.com/the-curious-evolution-of-the-typewriter-in-pictures-509985235