Dubai s'enflamme contre un banquier à la langue bien pendue

Clément Solym - 01.03.2012

Edition - International - Dubai - censure - livre


Le livre de Nabil Malek ne devait probablement pas occasionner plus de remous que cela. Prenant place à Dubaï, le livre évoque quelques sujets très en vogue, comme la drogue, la pègre et la prostitution. Le tout avec un peu de misère humaine bien placée. Sauf que le livre n'a rien d'un roman. Et que la ville n'apprécie pas vraiment.

 

Aux Émirats arabes unis, le livre fait scandale, depuis une sa publication en décembre dernier. Les nouvelles autobiographiques qu'il livre écornent passablement l'image d'une ville aseptisée. Au point que les autorités ont lancé une accusation d'apostasie, et fait interdire le livre à la vente dans le pays. 

 

« Désormais persona non grata à Dubaï, pour avoir sali l'image de marque de la ville, Nabil Malek est assailli d'appels téléphoniques insultants et de messages hostiles », explique son attachée de presse. 

 

Dans Le Matin, c'est tout le récit de ce succès inattendu qui est brossé, pour un ouvrage publié aux éditions Amalthée, à compte d'auteur.

 

 

  

Car l'omerta a sévi, à toute vitesse : « Mes comptes bancaires à Dubaï ont été bloqués, le forfait téléphonique que je possédais encore là-bas résilié, et mes mandats de consultant révoqués », explique l'auteur. Au point que son avocat lui déconseille de ne jamais tenter de retourner dans la ville : il risquerait la prison. « Au fond, Dubaï n'est qu'une grande entreprise, et en écorner l'image est très mal vu. »

 

Les 1100 exemplaires imprimés du livre n'auraient toutefois pas ému le consulat des EAU à Genève. Pourtant, l'ouvrage est impossible à trouver dans Dubaï, l'unique librairie francophonie explique ouvertement qu'elle n'a pas le droit de le vendre. 

 

Retrouver ce livre en librairie

 

Pascal Vandenberghe, directeur des librairies Payot, en Suisse : « Il y a pas mal d'agitation autour de ce livre. On a notamment reçu un appel menaçant disant que nous ne devrions pas vendre quelque chose d'aussi critique envers l'islam. » 

 

Polémique, et malmené jusqu'en Suisse ? Assez logique, de fait, puisque les grandes banques suisses sont également installées... à Dubaï.