e-G8 : les géants du net participeront à financer la création

Clément Solym - 23.05.2011

Edition - Société - internet - géant - mitterrand


Branle-bas de combat, à quelques jours de l'inauguration du e-G8, où se retrouveront différents acteurs de l'internet. Avec autour de la table Google ou Amazon, on s'apprête à retrouver les bonnes vieilles thématiques du financement de la création. Et tutti quanti.

Ça ne rate effectivement pas, et c'est dans les colonnes du Figaro que se concrétise le propos, alors que le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand revient sur le déroulé de ce e-G8. Lequel se souvient que « quand je suis arrivé au ministère, nous étions en pleine polémique à la suite des discussions conduites entre Google et la BNF. Nous y avons donné un coup d'arrêt, car il s'agissait de fixer certains principes. La difficulté, c'est que Google est persuadé de son bon droit et avance comme un rouleau compresseur, fort de sa formidable capacité d'innovation. Notre action a cependant été efficace, l'attitude générale de Google ayant beaucoup évolué ».


Va falloir payer

Fort bien, mais pourquoi cet effort proustien ? Parce que le développement numérique doit être accompagné d'une régulation, laquelle revient évidemment aux pouvoirs publics. Et que, dans le cas de la culture, les trois grands acteurs Google, Apple et Amazon, sont incontournables. Aussi le ministre envisage-t-il que soient établies des « règles claires, pour que ne s'impose pas la loi du plus fort et que soit pris en compte l'impératif de diversité culturelle, qui est lui-même un moteur de la croissance économique ».

Personne ne le voit venir ? Eh pourtant : c'est le retour de la taxe Google, et d’un financement par les géants de l'internet de la création.

Après tout, estime le ministre, « il n'est pas raisonnable d'imaginer que les géants de l'Internet vont construire des modèles économiques prospères, grâce à la présence de contenus et d'œuvres culturels, sans participer à leur financement. Les acteurs de l'Internet doivent le comprendre et contribuer bien davantage à financer la création ».

Et à ce titre, la récente adoption de la loi sur le prix du livre numérique compte parmi les projets non seulement à mettre en place avec ces acteurs, qui dont la dimension européenne doit être valorisée. « C'est pourquoi j'ai appelé mes partenaires européens à une réflexion urgente sur la politique du livre numérique. L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et les Pays-Bas sont sur une ligne proche », souligne le ministre.

Bruxelles, ma très chère

Assurant que le gouvernement est en route pour prôner la nécessité de cette législation, Frédéric Mitterrand l'associe à celui de la diversité culturelle, en cette époque numérique. Et face à cela, Bruxelles n'est pas des plus clémentes, pas plus pour l'extraterritorialité que pour la TVA réduite sur le livre numérique.

Et de conclure : « Le bon sens nous dit que la TVA devrait être la même pour le papier et pour le numérique. Je porte en tout cas fortement tout ce qui va dans le sens d'une politique numérique européenne, car je suis frappé de voir que le numérique n'occupe pas encore une place centrale dans les programmes culture et média de l'Union européenne. »