Canada : des prix "déraisonnablement élevés" pour les ebooks en bibliothèque

Cécile Mazin - 19.06.2015

Edition - Bibliothèques - ebooks bibliothèques - prêt numérique - lecture usagers


La facturation des livres numériques aux bibliothèques est devenue « insupportable », se plaint un administrateur de Toronto. Avec des éditeurs qui vendent 135 $ CA leur ebook, l’établissement achète donc cinq fois plus cher l’ouvrage, que le prix public. Des tarifs « déraisonnablement élevés », clame Vickery Bowles...

 

Toronto: book stacks at Toronto Reference Library

Bibliothèque de Toronto, CC BY 2.0

 

Contraintes par les conditions budgétaires, les bibliothèques limitent nécessairement leurs investissements, affirme la responsable de la bibliothèque de Toronto. « Cela fait porter une forte pression sur nos moyens. Nous avons besoin de quelque chose qui soit plus raisonnable. »

 

En moyenne, les livres coûtent 1,5 fois plus cher que le tarif moyen public, et avec des conditions d’utilisation très restrictives. En revanche, Random House Canada et Hachette Book Group facturent 85 $ et 135 $ des ouvrages, respectivement. HarperCollins affiche les conditions classiques aux États-Unis : 26 prêts uniquement. De leur côté, Penguin et Simon & Schuster contraignent au rachat d’un exemplaire après une année.

 

Or, si le nombre de titres numériques ne cesse de croître, les établissements ne disposent pas de budgets extensibles, et il faut acheter également des ouvrages audio, ainsi que des livres traditionnels. Pour l’année passée, 2,8 millions $ CA ont été dépensés pour l’acquisition d’ebooks – avec quelques audiobooks.

 

Pour les ouvrages physiques, ajoute-t-elle, les écarts de prix n’existent pas, et, mieux, les bibliothèques peuvent disposer de remise allant jusqu’à 40 %. 

 

Vickery Bowles propose alors des solutions plus souples : acheter 100 exemplaires d’un ebook, avec 10 exemplaires à un tarif de 40 $ et un taux inférieur pour les 90 autres, qui pourraient expirer au bout d’une année. Mais les modèles économiques sont longs à se modifier, et la lutte des bibliothèques pour une offre numérique juste est particulièrement douloureuse à négocier. (via The Star)