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Ebook : Le point sur les relations entre bibliothèques et éditeurs aux USA

Julien Helmlinger - 16.04.2014

Edition - Bibliothèques - Bibliothèques - Editeurs - Marché du livre


Après des années conflictuelles sur la question des emprunts dématérialisés, la météo serait à l'accalmie. Tandis que dimanche dernier a été lancée la National Library Week, aux Etats-Unis, l'American Library Association publiait également son rapport annuel 2014 sur l'état des bibliothèques publiques du pays. Un bilan qui semble indiquer une amélioration des relations entre services de prêt et éditeurs, même si la question de l'ebook reste épineuse pour ce qui touche au prix ainsi qu'à la disponibilité des titres. 

 

 

 

 

Au cours de l'année 2013,  Macmillan et Simon & Schuster, deux éditeurs majeurs qui comptaient au rang des réfractaires au prêt numérique en bibliothèques, ont fini par prendre le train en marche, en lançant leurs programmes pilotes. Ces derniers ont d'ailleurs été élargis. La back-list entière de Macmillan, soit 11.000 titres, est désormais proposée à des services de prêt du pays. Quant à Simon & Schuster, la société a lancé un premier programme pilote dans une douzaine d'établissements américains, et vient d'en lancer un second dédié au livre jeunesse.

 

Si pour la première fois les grandes maisons d'édition semblent toutes de la partie, que ce soit sous une forme ou une autre, les défenseurs de la bibliothèque ne sont pas tous satisfaits. Pour Clifford Lynch, directeur exécutif de la Coalition for Networked Information, la situation de la lecture numérique en services de prêt resterait « épouvantable ». Elle menacerait selon lui leur mission qui touche à « préserver le patrimoine culturel, fournir des adaptations aux personnes handicapées, et protéger la vie privée ».

 

La question du coût du numérique pour les bibliothèques semble la clé de voûte de bien des problèmes. Si un service de prêt peut gagner de l'argent en revendant ses vieux livres papier, en revanche, il ne peut rien faire de son vieil ebook. Et ceci, sans compter avec le fait que parfois l'acquisition d'un titre numérique peut revenir plus cher à la bibliothèque qu'un achat de livre imprimé. 

 

D'autres points noirs résideraient dans la multiplicité des business models du secteur de l'édition, dont les questions de confidentialité, le partage d'ebooks entre membres d'un consortium de bibliothèques, l'accessibilité aux publics handicapés, l'interopérabilité des fichiers numériques. Mais aussi l'incorporation des titres numériques dans le système global des bibliothèques, en ce qui concerne la collecte, la diffusion ainsi que l'enregistrement des données informatives.

 

De leur côté, les éditeurs craignent toujours qu'une offre numérique, trop abondante et facile à emprunter pour le commun des mortels, ne vienne rogner sur leurs chiffres d'affaires et leurs bénéfices.

 

Le rapport complet de l'ALA est disponible à cette adresse.