Ebooks et audiobooks : une taxation excessive et catastrophique

Clément Solym - 23.06.2010

Edition - Justice - taxe - ebooks - audiobooks


Où trouver les ressources en Angleterre, et comment arriver à faire monter les recettes de l'État de sorte à maintenir la tête du pays hors de l'eau ? L'augmentation de la TVA a été l'un des enjeux - avec notamment l'instauration d'une TVA sur certains produits qui en étaient exempts, dont le livre papier.

Tollé de protestation de la part de professionnels, pour finalement apprendre que l'on passait à côté. Mais pour les domaines du livre numérique et du livre audio, impossible manifestement d'y couper.

En effet, non seulement la TVA restera, mais en plus, comme pour d'autres produits, elle va augmenter, et passer de 17,5 % à 20 %. Une situation « catastrophique », selon Mark Le Fanu, secrétaire général de la Society of Authors, qui ne pouvait « plus respirer » après cette nouvelle.

D'un côté, le fait que le papier ne soit pas taxé, c'est très bien, même si cela intrigue de considérer les magazines et journaux, assimilés à la nourriture et aux vêtements, comment des éléments essentiels... mais la taxation des ebooks et audiobooks, qui sera supérieure, largement, sera bien évidemment néfaste au commerce et à la vente des ouvrages.

Déjà que l'audiobook ne fonctionne pas vraiment, si en plus il augmente...

Même son de cloche à la Publishers Association ou encore chez la Booksellers Association : Simon Juden et Tim Godfray se félicitent de ce que les livres papier resteront écartés de la réforme sur la TVA. Mais l'un comme l'autre ne pose pas un mot sur la question des livres numériques ni audio.

Leur devenir, et la taxe ajoutée dont ils pourraient faire l'objet - ce qui risque par ailleurs d'arriver très vite ne posera pas simplement le problème financier des consommateurs. Simon Juden explique que la PA est en discussions avec le gouvernement concernant la TVA réduite pour les ebooks, tout comme en France on attend encore que l'Europe envoie les permissions pour une TVA à 5,5 %.

Les tarifs des livres numériques déjà considérés comme bien trop chers par le grand public deviendront désormais de véritables patates chaudes si la législation n'évolue pas rapidement... Tout cela va encore creuser les problématiques de prix entre papiers et le numérique, pas forcément de quoi ravir les utilisateurs.