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Ebooks : les remises liées à la guerre des prix atteignent 97 %

Clément Solym - 19.09.2012

Edition - Economie - Livre numérique - Industrie de l'édition - Guerre des prix


Dans le cadre de la conquête du marché des biens et services dédiés à la lecture numérique, les concurrents ne cessent de rivaliser d'audace en matière de tarification d'ebooks. Ainsi, des offres promotionnelles, appliquées sur certains titres numériques commercialisés par les plateformes d'Amazon ou de Sony, atteignent des proportions massives. Les deux sites internet vendent désormais des ebooks dont les prix sont remisés à 97 %, et pour la somme dérisoire de 20 pence. Selon certains auteurs, cette tendance pourrait à terme avoir des conséquences désastreuses sur l'industrie de l'édition.

 

 

 

 

Offres d'appels et alignement

 

Selon la Publishers Association, qui a dévoilé les chiffres ce mardi, les ventes de livres numériques de catégorie fiction sont en hausse de 188 % en valeur. La boutique d'ebooks de Sony propose actuellement un panel de titres à succès pour le tarif d'appel de 20 pence. Et cette agressivité commerciale contraint son rival Amazon de s'aligner pour chacune des oeuvres concernées. 

 

Les lecteurs sont prompts à mordre à l'hameçon et profiter de cette offre des plus avantageuse. Témoigne de ce succès le classement des best-sellers numériques de la boutique d'Amazon, envahi par plusieurs titres facturés à 20 pence. Ainsi : Ash, nouvelle horrifique de John Herbert, culmine le classement. Monday to Friday Man, de l'auteure Alice Peterson, se place en troisième position des ventes. Le livre de David Baldacci, Zero Day, prend la cinquième place. Le thriller de Peter James, intitulé Deadman's Grip, s'arroge la septième position. Et le titre de Chris Pavone, The Expats, figure quant à lui à la neuvième place du top.

 

 

Réussite commerciale à court terme

 

Avant la remise tarifaire, appliquée tout au long de la saison estivale, la couverture du roman d'Herbert affichait en comparaison un prix de 18,99 £.

 

Les ventes du livre de Peter James ont grimpé en flèche depuis l'application de l'application du prix d'appel. Il a confié : « À un moment, je vendais entre 10 et 20 milliers d'exemplaires à la semaine. [...] Je continue de gagner des royalties comme si le plein prix était appliqué. »

 

Mais si les gains des auteurs et des éditeurs ne sont pas menacés à court terme, le risque que le public s'habitue à des prix bas existe toutefois à échéance plus conséquente. Les groupes défendant les droits d'auteurs s'en inquiètent, et dénoncent un danger pour la subsistance des auteurs et des libraires indépendants.

 

 

Valeur du livre en baisse à longue échéance

 

Kate Pool, des groupes de défense de droits d'auteurs, craint que par ce procédé de discount le livre ne finisse par perdre sa valeur. Évoquant 128 ans de lutte pour préserver les auteurs, elle s'est expliqué : « Si les livres sont perçus comme n'ayant presque plus de valeur, ce combat [pour la défense des droits d'auteurs] semble à la Pyrrhus en effet, comme le sont les chances des auteurs professionnels, même les livres les plus prisés, sans parler de ceux qui sont hautement recherchés ou coûteux à produire, de vivre de leur écriture. »