Echapper au tribunal en cas de crime de guerre : y'a un livre à l'ONU...

Cécile Mazin - 08.01.2016

Edition - Bibliothèques - Nations Unies - bibliothèque emprunt - crime guerre


Au cours de l’année 2015, la bibliothèque des Nations Unies propose des ouvrages, comme toutes ses consœurs. D'ailleurs l'alphabétisation fait partie des missions prioritaires de l'organisation. Mais le livre le plus emprunté de l’an passé provoque une vague d’étonnement sur la toile : Heads of State and State Officials for International Crimes est une thèse portant sur l’immunité des chefs d’Etats en cas de crime. 

 

Dag Hammarskjold Library

 

 

La Dag Hammarskjold Library, du nom de l’ancien secrétaire général de l’ONU, décédé en 1961, a voulu jouer au jeu du community management. Et en période de top et de flop, ou de bilan 2015, poster un message pour annoncer l’ouvrage le plus emprunté est rapidement devenu embarrassant.

 

 

 

La thèse de doctorat que Ramona Pedretti a soutenue à l’université de Lucerne (Suisse), s’interroge sur la possibilité de traduire des chefs d’État accusés de crime de guerre devant des tribunaux étrangers. Selon ses conclusions, l’actuelle juridiction américaine ne permettrait pas de poursuivre Robert Mugabe ni Bachar al-Assad, tant qu’ils sont au pouvoir. Mais une fois fois leur démission acquise, ils redeviendraient des citoyens du monde, que tout tribunal pourrait juger – et condamner.

 

« L’immunité ratione personae empêche les chefs d’État en exercice d’être soumis à une juridiction pénale étrangère. En revanche, l’immunité ratione materiae protège les actes officiels, à savoir ceux accomplis pour le compte de l’État, de l’examen par des tribunaux étrangers », précise Ramona Pedretti. 

 

Sauf que les internautes n’en reviennent pas. Pas tant que ce sujet ait fait l’objet d’une thèse, d’ailleurs, que de découvrir l’intérêt des usagers de la bibliothèque pour ce livre. L’internaute est parfois une créature fragile : on imagine mal les grands dirigeants, despotes et autres tyrans se préoccuper de ce que les tribunaux puissent leur imposer. Il suffirait de s’autoproclamer président à vie pour n’avoir plus jamais de comptes à rendre.

 

En réalité, il faut imaginer que cette question a été particulièrement d’actualité au cours de l’année 2015, et que les usagers ont tenté de se renseigner sur les recours possibles. 

 

De même, difficile de croire que la lecture de ce livre se soit faite pour tenter d’échapper au tribunal international de La Haye. D’ailleurs, le livre n’est pas un manuel Echapper aux crimes de guerre pour les Nuls, mais une thèse de droit international. Et Michelle Nichols, correspondante de Reuters aux Nations Unies, explique que le livre a été en réalité emprunté deux fois et parcouru quatre. Ouf. 

 

 


(via Vox)

 


Pour approfondir

Editeur : Albin Michel
Genre : litterature...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782226318091

Le Crime du comte Neville

de Amélie Nothomb

« Ce qui est monstrueux n'est pas nécessairement indigne. » Amélie Nothomb

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