Eclosion de la weblittérature en Chine

Clément Solym - 20.03.2008

Edition - Société - Chine - littérature - internet


L’écriture d’un roman sur internet est devenue courante en Chine. Lorsque le succès est au rendez-vous, une édition papier vient rapidement remplacer les pages virtuelles. Xiao Ding a fait une entrée fracassante sur la scène littéraire en 2005 avec un roman fantastique, Zhu Xian [Exécution des immortels], qu'il avait d'abord publié sur le Net sous forme de feuilleton. Son livre s’est vendu à plus de 1 million d'exemplaires.


Un succès grandissant qui ne laisse pas indifférent les éditeurs :

En 2006, un roman intitulé He meinü tangshi dinti bei kun yi ye [Coincé dans un ascenseur toute une nuit en compagnie d'une jolie collègue] a passionné les internautes. Son auteur, qui se fait appeler Zhao Ganlü [Zhao : le meneur d'ânes], a figuré durant plusieurs mois dans le Top 50 des célébrités du moteur de recherche Baidu.

Les éditeurs et libraires chinois accordent beaucoup d'importance au phénomène. Les nombreux romans de science-fiction et pour la jeunesse que l'on trouve en librairie sont pour la plupart des éditions papier de parutions en ligne. Les libraires se sont du reste mis à publier des classements des meilleurs « webromans ».

Des écrivains jeunes pour une littérature populaire :

Les écrivains de ces nouveaux romans sont pour la plupart jeunes, nés dans les années 70-80. Leurs lecteurs sont issus de la même génération et brûlent eux aussi d'envie de s'exprimer en ligne. Ces auteurs d’un nouveau genre ne cherchent pas forcément la fortune ou la notoriété. Ecrire répond d’abord à un besoin, comme lire ce que les autres écrivent. Les personnages et les histoires que l’on trouve sur internet sont le miroir de la jeune génération.

Ces romans en ligne sont plutôt faciles d’accès et se résument souvent à une intrigue simple, voire superficielle. Les « webromans » sont devenus un objet de consommation comme un autre. On peut espérer qu’une création littéraire plus aboutie suivra ce mouvement populaire. Reste encore à lui trouver un lectorat…