Économie et société numériques : la France à la traîne

Antoine Oury - 26.03.2015

Edition - Economie - Commission européenne - numérique économie société - emploi croissance


En février dernier, et pour faire comprendre toute la nécessité d'un marché unique numérique, la Commission européenne a révélé un nouvel outil, l'indice relatif à l'économie et à la société numériques (Digital Economy and Society Index). Les données relevées concernent les années 2013 et 2014, et indiquent à quel point un pays profite des opportunités offertes par les nouvelles technologies, dans l'Union européenne.

 

Tableau de l'indice relatif à l'économie et à la société numérique, par pays.

La France atteint presque la moyenne.

 

 

Malgré la résistance des industries culturelles, la Commission européenne est persuadée que la création d'un marché unique numérique permettra de susciter une nouvelle vague de croissance et de création d'emplois. « [L]'Europe pourra générer jusqu'à 250 milliards d'euros de croissance supplémentaire, et des centaines de milliers de nouveaux emplois, au cours des cinq prochaines années », assure même la Commission.

 

Cela nécessitera de nombreuses réformes, parfois difficiles à accueillir ont signalé Pierre Moscovici, au Salon du Livre, et la Commission européenne, dans un communiqué de presse publié hier. Notamment une réforme de la territorialité des droits, une harmonisation des exceptions ou encore une impulsion donnée en faveur de l'open access dans le domaine de la recherche.

 

Lors du Salon du Livre de Paris, les industries du livre ont marqué une forte opposition à ce projet européen, en mettant en avant l'argument du droit d'auteur. Sur ce dernier, la Commission est claire : 

  • Moderniser la législation sur les droits d'auteur pour assurer un juste équilibre entre les intérêts des créateurs et ceux des utilisateurs ou des consommateurs. Ces mesures faciliteront l'accès à la culture et favoriseront donc la diversité culturelle, tout en offrant de nouvelles perspectives aux artistes et aux créateurs de contenu en garantissant un meilleur respect des droits.

Pour revenir sur l'indice relatif à l'économie et à la société numérique, il se sépare en différents points d'évaluation :

  • la connectivité (à quel point le haut débit est répandu, sa rapidité et son coût)
  • les compétences internet,
  • l'utilisation de services en ligne, de la lecture des journaux aux achats en ligne,
  • le degré de développement des différentes technologies numériques (factures électroniques, services d'informatique en nuage, commerce électronique, etc.)
  • les services publics en ligne, comme l'administration et la santé en ligne

La note qui est tirée s'échelonne entre 0 et 1, et la France se situe en dessous du 0,5, à 0,48 derrière le Danemark, en tête, la Suède, les Pays-Bas ou la Finlande. Elle se classe 14e, sur 28 pays pris en compte.

 

Les résultats détaillés de la France montrent une déficience dans la connectivité, le degré de développement des différentes technologies numériques, et, dans une moindre, mesure, les compétences internet de la population. En effet, si 67 % des citoyens français ont des compétences de base, 2,1 % seulement peuvent faire valoir des compétences avancées dans ce domaine.

 

Mais le point le plus grave dans l'indice, pour la France, est bien l'intégration des nouvelles technologies dans les sociétés. Le rapport indique que les petites et moyennes entreprises, en particulier, trouveraient un moteur de croissance certain en élargissant leur marché et leur activité à l'ensemble de l'Union européenne.

 

Point positif dans l'exercice démocratique, facilité par internet : dans le domaine des services publics en ligne, la France obtient 0,53, ce qui la place au 8e rang des 28 pays de l'UE.