Écosse : une employée d'Amazon appelle la ministre du Travail à enquêter

Camille Cornu - 01.02.2016

Edition - Economie - Amazon - conditions de travail - écosse


Ce n’est pas vraiment une surprise, Amazon a régulièrement été épinglé sur les conditions de travail pratiquées au sein de ses entrepôts. Il y avait eu la parution de ce livre, En Amazonie, témoignage de plusieurs mois passés dans un centre logistique français d’Amazon, puis l’enquête du New York Times qui avaient largement participé à aggraver l’image d’Amazon. L’histoire se passe cette fois dans les entrepôts d’Amazon en Écosse : une employée y appelle la ministre du Travail à mener une enquête sur les conditions de travail pratiquées dans les entrepôts d’où elle vient de démissionner. 

 

Amazon - official opening

Scottish government, CC BY-NC 2.0

 

 

Mhairi McAlpine, l’ancienne employée, vient de démissionner. Elle raconte comment elle s’est laissée avoir par une offre alléchante : « bonus de 250 £, 500 £ par semaine, transport fourni, prise de poste immédiate ». Alors non, elle ne s’attendait pas à quelque chose de simple, mais pensait au moins que, pour quelques semaines, cela restait un moyen accessible pour mettre un peu d’argent de côté.

 

Elle aura finalement démissionné au bout d’une semaine. 

 

Dans le Dailyrecord, elle témoigne sur cette brève expérience. Le transport « fourni » qui coûte 9 £, et le bonus espéré en réalité soumis à conditions drastiques : être présent 95 % entre la date d’embauche et la période de noël, tellement chargée que l’entreprise est en réalité obligée d’engager des robots.... À partir de fin novembre, les équipes devraient en réalité travailler 60 heures par semaine. 

 

Et c’est bien en robot que l’employée sentait qu’elle finirait par se transformer en restant plus longtemps dans cette entreprise. Elle décrit les douleurs physiques, les onze heures passées à faire des aller-retour avec des chaussures de sécurité, les minutes calculées, les paies « mal calculées » et l’impossibilité de prendre une seule vraie pause durant la journée. 

 

Amazon a toujours défendu ses pratiques, et avait annoncé avant la période des fêtes vouloir embaucher 100.000 travailleurs saisonniers. Afin de mieux faire taire ces « diffamations », Jeff Bezos avait annoncé en octobre dernier lancer Amazon Connections, un programme permettant à n’importe quel employé du groupe de s’exprimer sur ses conditions de travail, de façon anonyme bien sûr... Une façon d’améliorer son image, plus que les conditions de travail qui lui sont régulièrement reprochées.