Ecrire des livres, c'est mauvais pour la santé. Vraiment mauvais

Clément Solym - 20.04.2012

Edition - International - écriture - santé - néfaste


C'est à vous dégoûter de prendre la plume pour faire quoi que ce soit. Le romancier A.J. Jacob, auteur d'envergure, de par sa présence dans les listes des meilleures ventes du New York Times, vient de sortir un nouveau livre. Logique. Mais ce New-Yorkais pose sur l'écriture un regard passablement désabusé. 

 

Il vient en effet de confier quelques réflexions sur l'art d'écrire, à faire froid dans le dos. « Les prémices de tout livre sont ce qui rendent une personne vivante de la manière la plus saine. Le problème ? Écrire un livre n'est pas une entreprise très saine. Pour plusieurs raisons », détaillées dans le National Post.

 

L'écrivain évoque des études qui montreraient combien rester assis est mauvais pour la santé. « Vraiment mauvais. » De même que, à force de travailler à son bureau, on finit par avoir une hygiène alimentaire qui laisse très clairement à désirer. « Une étude a montré que les personnes qui sont sur leur siège plus de 6 heures par jour avaient 60 % de risques de plus de développer une maladie cardiaque. » Ajoutez une cigarette de temps en temps, et les chances sont carrément énormes d'y parvenir...

 

 

 

Ouch… Autrement dit, votre santé risque d'y passer. Et plus on fait de recherche sur le net, sans se déplacer, plus le temps passé les fesses sur son fauteuil augmentent… 

 

« Ensuite, il y a la solitude. La plupart de mon temps d'écrivain consiste à rester assis seul dans une chambre recroquevillé devant mon ordinateur. » Bon, tout le monde n'est pas obligé de céder à la réclusion, mais Jacobs insiste bien sur ce point : les connexions sociales sont rares, et l'écriture conduit alors rapidement à la dépression et l'anxiété. Or, les autres sont essentiels à l'épanouissement personnel. 

 

On ne compte plus le nombre d'auteurs qui se sont suicidés, ajoute-t-il, mais encore faudrait-il être certains que l'écriture en est la cause. D'un autre côté, la liste est en effet assez longue.

 

Et puis, le dernier des éléments de stress, c'est l'éditeur, et la date butoir qu'il vous laisse, avant de lui remettre le manuscrit, qu'il l'examine et que l'on passe aux corrections. Car après, c'est encore la guerre qui se poursuit : le livre se vendra-t-il, trouvera-t-il son public, un autre ouvrage monopolisera-t-il l'attention des uns et des autres ? 

 

Jacobs assure cependant avoir trouvé la parade. Désormais, il écrit le livre en se promenant sur un tapis de course. Il a parcouru près de 600 km pour y arriver. Et comme la course augmente la sécrétion et le niveau de sérotonine, une charmante hormone qui améliorer l'attention, voilà qui est tout profitable… 

 

Pensum

 

Si cela peut soulager les consciences, une étude de Christine Logel, chercheuse à Renison University College pour l'université de Waterloo, assure que l'écriture peut aider à… perdre du poids. Ses conclusions, publiées dans Psychological Science montrent que l'utilisation de l'écriture peut servir à réguler un brin la perte de poids. 

 

Deux groupes de femmes avaient été sollicités pour se prêter au jeu, avec pour objectif d'écrire, durant 15 minutes, sur un sujet qui leur tenait à coeur, l'autre groupe, sur un sujet vain. Toutes ont été pesées, et durant quatre mois, elles se sont rompues à l'exercice. 

 

Or, le premier groupe a perdu 1,53 kg, alors que le second seulement 1,24 kg. Significatif ? Probablement un peu… Et si à défaut de découvrir que l'écriture fait perdre du poids, tout du moins est-elle un exercice profitable. (voir emaxhealth)