Écrire un livre, la thérapie rêvée de 32 % des Français

Clément Solym - 24.09.2009

Edition - Société - écrire - livre - thérapie


Il est amusant de constater à quel point les tendances se suivent et finalement se ressemblent fortement. À moins que les Français ne changent que peu d'avis - soit un comportement constant, soit de l'obstination... Car en mars 2008 paraissait un sondage annonçant que publier un livre était le rêve d'un Français sur trois.

Amusant, oui...


Un an et demi plus tard, Opinionway, consulté par Le Figaro qui lui a demandé une étude sur le sujet révèle... les mêmes chiffres. Ou presque. En fait, un de nos compatriotes sur trois a pensé à écrire un livre, et plus précisément 32 % de la population des plus de 18 ans. Soit 1,4 million de personnes. Un chiffre qui se décompose en en 29 % qui ont songé à le faire, et 3 % en ont écrit un. Par contre 67 % des répondants, n'y ont en revanche jamais pensé...

Monsieur l'éditeur, soyez cool...

Cela ne signifie pas pour autant que l'on trouvera un nombre de manuscrits équivalent, du moins le sondage ne le précise pas, mais 400.000 personnes auraient déjà franchi le cap de l'envoi à une maison d'édition, c'est-à-dire 37 %. Sur les 988 personnes sondées entre les 22 et 23 septembre derniers, 19 % ne lisent aucun livre annuellement, contre 34 % qui en croquent entre 1et 5, 18 % entre 6 et 9 contre 13 % qui en lisent 120 à 15 et 15 % qui en mangent plus de 15...

En clair, si 32 % voudraient publier, 19 % des Français ne sont pas lecteurs du tout.

Marc Sebbah, qui a créé le Prix jeune écrivain de langue française en 1984 (concours de nouvelles) trouve ce chiffre de 32 % « énorme », mais cela ne l'étonne pas outre mesure. « Il existe un profond besoin d'écrire. Au départ, le prix du jeune écrivain n'était qu'une intuition ; au fil des ans, nous avons compris qu'il correspondait à une forte demande : nous avons reçu, au total, 17 000 manuscrits ! » Bon, si Jean-Baptiste Del Amo a été repéré par ce concours cela n'en fait pas une référence pour autant.

Envie de raconter... sa vie... Ouvrez un blog...

À la SGDL, Alain Absire, le président, reste également de marbre : « Le profil des personnes qui déposent un manuscrit à la SGDL est d'une variété… extraordinaire. Je crois que cette envie d'écrire est liée à l'acte de mémoire, au désir de laisser une trace - pas au sens large -, c'est souvent pour “léguer” quelque chose à sa famille, c'est aussi pour cela qu'il est souvent question de souvenirs. D'ailleurs, la plupart de ces auteurs se décident à sauter le pas à un âge tardif. »

Et qu'écrivent les Français ? Des autobiographies, pour 9 ouvrages sur 10. Rendre hommage à ses proches ou sa famille motive en grande partie cette rédaction, de même que l'envie parler de soi, et de sa vie. Pour 15 % des répondants, écriture rime avec thérapie.

Et Alain Absire d'ajouter : « C'est symptomatique de ce besoin d'écrire : les ateliers d'écriture ne désemplissent pas. Bien au contraire, ils sont complets de plus en plus tôt. On croyait que ce genre d'exercice n'intéressait que des personnes d'un certain âge. En fait, tous s'y précipitent avec gourmandise, et certains y reviennent chaque année. »