Ecrits politiques : un rayon toujours bien étoffé mais pas vraiment vendeur

Clément Solym - 28.12.2010

Edition - Société - écrits - politiques - ventes


Dans le pays de la littérature, où palabrer est de rigueur avant l’action, voire aussi avant la non-action, tout homme politique qui se respecte en impose déjà par sa bibliographie. Qu’il écrive personnellement ou fasse appel à une armée de nègres, peu importe.

Ce qu’il faut, c’est être présent dans les rayons alloués à ce genre prolifique, on s'assure ainsi des passages télévisés assez récurrents. Un plus pour l’image auprès du peuple. Même si, avouons-le, le peuple en question est bien le dernier à se tourner vers la lecture de ces pensums…

Quand on parle chiffres avec les essais politiques, il faut déjà revoir toute prétention à la baisse. Pour un roman, le best-seller est celui qui dépasse les 100 000 exemplaires vendus. En politique, faire 10 000 est déjà bien glorieux et peu nombreux sont ceux qui gagnent l’entrée dans cette cour prestigieuse !


Avec le rapprochement de l’élection présidentielle de 2012, il va falloir, hélas, se faire à un certain développement de la masse des essais politiques. Mais, en cette fin d’année, retournons-nous déjà sur 2010.

Une certitude, pour bien vendre, il vaut mieux être dans l’opposition, ce qui vous assure une liberté de ton toujours appréciée par le lectorat. Un Jean-Luc Mélenchon a réussi à écouler déjà 40 000 exemplaires de Qu’ils s’en aillent tous quand Michel Rocard, avec Si ça vous amuse totalise déjà 23 000 ventes. Arnaud Montebourg et son tout récent Des idées et des rêves devrait aussi se faire une bonne place.

Mais, le mieux encore, c’est quand votre carrière est derrière vous. A ce seul titre, le peuple vous fait grâce en vous évitant de tomber définitivement dans l’oubli. Et Jacques Chirac l’a bien compris, avec le premier tome de ses mémoires, Chaque pas doit être un but. L’arrivé du deuxième tome en 2011 est déjà envisagé comme un nouveau succès de librairie.

En définitive, si vous êtes au pouvoir, ou pire, dans ses petits papiers, il vaut mieux vous abstenir de publier. Mais encore, quand votre essai sent un peu trop l’autopromotion, la précampagne électorale, il y a peu de chance qu’il rencontre beaucoup de lecteurs…