Éditeur de “livres pédophiles” : Christine Angot condamnée pour diffamation

Nicolas Gary - 05.12.2019

Edition - Justice - Christine Angot - Christophe Lucquin - diffamation publique pédophile


En mars 2017, une procédure initiée par l’éditeur Christophe Lucquin mettait en accusation Christine Angot et Laurent Joffrin. La première au titre d’autrice d’un article diffamant, le second en qualité de patron de ladite publication qui l’avait diffusé, Libération. Le papier, paru le 1er avril 2016 n’avait rien d’une plaisanterie, et l’éditeur avait très mal digéré la chronique et son fond.

Christine Angot
uzaigaijin, CC BY SA NC 2.0
 

Au début de cette histoire, on retrouve Édouard Louis, romancier victime d’une agression sexuelle : Angot prêtait alors à l’éditeur un coup de cœur, et aurait partagé sur Facebook une déclaration d’amour. Or, soulignait-elle, la maison Christophe Lucquin publierait « des textes à caractère essentiellement pédophile ».

Le droit de réponse concédé par Libération n’avait pas suffi à l’éditeur, qui décidait de porter plainte. Le récit édifiant de cette histoire est conté ici par le menu.

Christine Angot, rajoutant sa petite note épicée dans cette histoire, raillait d’ailleurs le comportement de l’éditeur : « Christophe est amoureux d’Édouard Louis. Il met sur Facebook la lettre d’amour qu’il lui a envoyée. Mais celui-ci ne lui répond pas. Christophe met alors un tout autre type de messages sur Facebook, moqueries, jalousie littéraire, dénigrement. Il en poste un par semaine. »

On se serait passé de cette prose, mais c’est bien elle qui va faire dégénérer l’affaire, dénigrant au passage les textes publiés, avant de verser dans la diffamation. Dans tous les cas, l'intéressé nie en bloc, s'agace de ce qui ressemblerait fort à de la calomnie, et se défend : « Mon travail d’éditeur est de faire connaître des voix nouvelles et n’a pour moteur que la passion et la sincérité. Ma maison d’édition a déjà publié 48 livres dont aucun n’a subi de censure ou de poursuite judiciaire. »

Avant que de renvoyer son accusatrice à ses études, et plus largement, à ses lectures : « J’invite Madame Angot à découvrir le catalogue de la maison, à lire ce qu’il s’en dit. Ce serait une preuve de respect pour la vérité, ainsi que pour la littérature », rétorquait Christophe Lucquin… à qui la justice vient de donner raison. 
 

Violente sortie de piste


Suite au jugement de première instance, qui relaxait Christine Angot, indique-t-il, la cour d’appel de Paris a infirmé la décision et considéré qu’il y avait bien « diffamation publique ». De la sorte, la romancière «  est donc condamnée, civilement et solidairement avec Laurent Joffrin, directeur de la rédaction et de la publication du quotidien Libération, à leur verser la somme de 8500 euros ». 

Il devient étonnant dans cette affaire de voir intervenir le pitoyable débat — pugilat ? – qui avait eu lieu entre l’autrice et François Fillon, sur le plateau de France 2. Le politicien, alors en campagne pour la présidentielle, avait asséné — à une Angot remontée — qu’elle était elle-même mise en examen. Un fait qu'avait reproché Angot à Fillon, sur le plateau de l'émission.

Or, en guise de défense, Christine Angot avait rétorqué à Fillon que, contrairement à lui, sa situation judiciaire découlait de ce qu’elle « [avait] dit la vérité ». 



 
Mais devant le juge, la bataille fut plutôt… syntaxique : la place de l’adverbe essentiellement aurait été mal perçue. L’écrivaine ne qualifiait par la totalité du catalogue de pédophile, mais uniquement certains textes.

Selon l’avocate de l’éditeur, « affirmer que le fonds de commerce d’une maison d’édition est constitué principalement d’ouvrages à caractère pédophile laisse entendre que celle-ci promeut la pédophilie, alors que cette pratique est pénalement répréhensible et fortement réprouvée par la morale commune actuelle ». 

La diffamation est actée, ne disposant pas de suffisamment d’éléments factuels pour étayer le propos — la bonne foi est donc retournée se coucher. Trois années de procédure pour une sortie de route angotesque, donc, avec les conséquences que l’on imagine aisément…

« [E]ntre-temps, [l]a maison d’édition aura très lourdement pâti de cette réputation indue, colportée par une auteure médiatique à l’attention de millions de lecteurs », indique-t-il dans un communiqué. L'autrice n'était pas disponible pour apporter de commentaire au moment de la publication. 


Commentaires
Aux Joffrin..Ruquier.. pourquoi donner une tribune a qqun qui relève des tribunaux ou de la psychiatrie que de la critique littéraire ? Parce que ca fait du buzz?
Je ne suis pas très étonnée par cette personne que l'on a eu l'air d'encenser longtemps.

Je suppose qu'elle a du écrire un ou deux bons livres, je n'ai pas eu envie d'en lire d'autres après ses histoires de cul avec force details intimes avec Doc Gynéco.

J'ai l'impression que cette dame aime surtout faire parler quitte à manger à tous les râteliers.
L'avocate parlant de la pédophilie qui serait "fortement réprouvée par la morale commune actuelle".

Le mot "actuelle" me choque (puisqu'on parle de guerre des mots), car elle sous-entend que cel
Suite du texte précédent tronqué par un navigateur récalcitrant. Pardon pour le doublon.

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elle sous-entend que cela pourrait évoluer (y compris en moins répréhensible).

Là, je suis choqué. Une société qui ferait marche arrière sur ce point serait plus malade.



Je suis désolé du (presque) hors-sujet, mais il fallait que je le dise.
Je n'entends défendre personne, mais langue française oblige : "actuelle" pourrait tout aussi bien renvoyer au passé, M. Forge.
"actuelle" signifie "d"aujourd’hui" !! Rien à voir avec le "passé". C'est un lapsus inquiétant de la part du juge: "la morale actuelle" laisse entendre qu’elle pourrait évoluer et que la pédophilie ne serait pas ou moins réprouvée à l'avenir. "fortement réprouvée" : comme cela est dit avec délicatesse!! C'est une pratiqué criminelle qui doit être punie, comme le viol, avec la plus extrêmement sévérité dont la castration, voire la peine de mort !!
"Actuelle" renvoie bien évidemment au passé et au futur.

Quant à la peine de mort, comme vous y allez et vous rappelle qu'elle est abolie dans la loi "actuelle" ! Puisque vous en êtes un triste partisan, vous devez être capable, bien sûr, d'en être également l'exécuteur. Car, déléguer à un autre l'exécution de cette infamie, est une hypocrisie. Vous fanfaronneriez alors sans doute un peu moins face au couperet à manipuler.
peine de mort: je persiste et signe ! (et, croyez-moi, je ne suis pas le seul!!) Si un gars viole et tue votre petite fille de sept ans, vous préféreriez lui apporter des oranges en prison ??
Vous confondez justice et vengeance. Que vous ayez envie fortement de tordre le cou à l'assassin de votre petite-fille, normal, mais alors FAITES-LE !Mais que vous laissiez le soin (?)à la justice (rendue au nom du peuple)de tuer l'assassin, y avez- vous réfléchi un tant soi peu ?
C'est tout réfléchi, un tant soiT peu
Willy Bardon méritait le couperet ( ou une balle dans la tête ou la corde, etc.. le choix ne manque pas mais je n'aime ni la chaise électrique, ni injection létale: bien trop "high-tech" à mon goût grin) Et puis, quelle économie pour la société.

Pour vider les prisons, débarrassons-nous des terroristes, assassins et les violeurs et tueurs d'enfants !! On a bien tué des rois (et des reines)Paradoxal, non, que les révolutionnaires aient fait voler les têtes en proclamant l'égalité et la fraternité, c'est ce qu'on appelle un sens de la justice à double tranchant ?? : mais ils n'en étaient pas à un monstrueux paradoxe près: ainsi naissent les tyrannies
Je réalise juste à présent que vous nous avez bien "eus" et que vous êtes en réalité et férocement CONTRE la peine de mort. Mille BRAVO!!
Oui "actuel" signifie bien "aujourd'hui", mais qui peut sous-entendre une différence avec le passé aussi bien qu'avec l'avenir! Je suis désolée, mais on pourrait tout aussi bien l'entendre comme : ça n'a pas toujours été comme ça (donc, dans le passé). Eh oui.
C'est évident!!! définition (dictionnaire): Actuel: qui se produit, qui existe au moment présent. Les antonymes ( = les contraires) sont:

ancien



antique



antérieur



caduc



défunt



démodé



dépassé



désuet



fossile



futur



inactuel



obsolète



passé



potentiel



périmé



révolu



suranné



vieilli



vieillot



vieux



virtuel
Pas étonnée d'une telle condamnation. Par ailleurs le seul bouquin de cette écrivain que j'aie tenté de lire m'est tombé des mains dès les premières pages. Malheureusement cette affaire lui fera de la pub, alors qu'il y a tellement d'écrivains obscurs, homme ou femme, qui méritent d'être découverts ou redécouverts; Dans ce domaine comme dans d'autres, la "branchitude" fait des ravages...
Je ne comprends pas que l'on puisse qualifier Christine ANGOT..."d'écrivain"...Ou alors les mots ont perdu leur sens!!! Aucun style, des historiettes de bas étage, bref la littérature est complètement ABSENTE !!! Pour le reste, l'insignifiance le dispute au

goût immodéré de la ...provocation!!!!
Pitoyable débat entre Angot et Fillon : pitoyable en raison de l'attitude permanente de procureur du bien et du mal que se donne Angot. Et pitoyable de voir de telles émissions qui se croient obligées de faire du cirque au lieu de s'en tenir à un débat politique.

Fillon avait su rester calme face à cette harpie, et on peut dire qu'Angot avait réussi à le rendre sympathique à un moment où la situation était compliquée pour lui.
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