En Afrique, le numérique relie francophonie et solidarité

Nicolas Gary - 15.06.2015

Edition - International - afrique éditeurs - outils numériques - Sénégal internet


[De notre envoyé à Dakar] Dans la capitale sénégalaise, se déroule durant cinq jours un cycle de formation à destination des membres de l’Alliance internationale des éditeurs francophones. Un projet global : donner aux éditeurs africains les moyens de s’approprier les outils numériques. Une trentaine de maisons sont réunies à Dakar pour une plongée dans le net.

 

Ibrahima Lo et Laurence Hugues

Ibrahima Lô, du ministère de la Culture du Sénégal (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Au menu, Wikipédia, les réseaux sociaux, ou plus simplement, la présence d’un site internet à travers des outils Open Source. Et la formation s’est ouverte avec l’intervention d’Ibrahima Lô, directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture du Sénégal.

 

Héritière d’une tradition impulsée, bien avant la présidence de l’écrivain Leopold Sedar Senghor, « l’édition est une préoccupation essentielle du Sénégal », précise Ibrahima Lô. « Il est fascinant de découvrir les mutations essentielles de ce secteur, et tout particulièrement la valorisation des catalogues sur internet. »

 

Mais le point commun de toutes les maisons africaines réunies, c’est la francophonie. « C’est un choix pratique et utile, pour les éditeurs, et il est rassurant que la Francophonie, avec laquelle nous travaillons régulièrement, soit un dénominateur commun. » 

 

Solidarité, un lien plus que la francophonie encore

 

Et de noter tout particulièrement la récurrence du terme « solidarité », à travers le cycle de formation. « Nous participons tous d’un seul et même monde, puisque nous sommes tous locuteurs du français, mais ce n’est pas là le liant le plus fort. Le numérique apporte aux éditeurs d’Afrique les moyens de faire monter en puissance leur existence, pour mieux valoriser leurs contenus sur internet. C’est une excellente chose que la solidarité porte les maisons, autour des œuvres et de leurs auteurs. »

 

La compréhension des outils, et le souci premier de transférer des savoir-faire, autant que de les partager, « c’est intégrer un monde qui bouge très vite ». La seule création d’un site internet, par ces logiciels libres, répond « à d’énormes enjeux, avec lesquels nous sommes obligés de vivre ». Si l’Afrique, reconnaît-il, « a manqué quelques occasions, internet nous donne toutes nos chances. Nos catalogues sont riches, pour ne pas dire exceptionnels, dans tout le continent ».

 

Au Sénégal, ajoute Ibrahima Lô, le choix politique de soutenir le livre « remonte a quelques décennies déjà, avec Léopold Sedar Senghor, et plus antérieurement encore. Aujourd’hui, et je ne citerai personne pour ne pas faire de jalousie, nous pouvons nous prévaloir des œuvres les plus riches. »

 

L’Internet, particulièrement en mobilité, représente un enjeu fondamental dans le développement socio-économique, et bien entendu, culturel. « Ce secteur émergent attire l’attention de chacun. Nous gagnerons à travailler ensemble, pour l’enrichissement collectif. Et nous nous en féliciterons à l’avenir. »