Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Éditeurs et libraires : une mutualisation concrète des efforts, pour le livre

Nicolas Gary - 25.03.2017

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La Région Île-de-France dispose d’un emplacement significatif, pour accueillir les éditeurs franciliens. Son animation a été confiée au réseau Librest, qui se retrouve ainsi au cœur de la politique culturelle, durant le salon du livre de Paris. L’édition et la librairie, toutes deux indépendantes, se retrouvent dès lors pour le plaisir des lecteurs.

 

Stand Région Île de France

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Une centaine d’éditeurs franciliens indépendants « choisis en partenariat avec des représentants de l’interprofession », attend les visiteurs et les lecteurs. Ce petit tour de magie découle d’un appel d’offres lancé par la Région, et remporté par le réseau Librest, qui réunit 10 librairies.

 

"Une mutalisation au profit de la mutualisation"

 

« C’est un réseau mutualisé de librairies qui vient se mettre au service des éditeurs eux-mêmes regroupés dans une forme de mutualisation, sur cet espace : une mutualisation, au profit de la mutualisation », en somme. La formule est inattendue, le résultat très efficace : « Depuis vendredi, on ne désemplit pas », assure l’un des libraires sur place. 

 

Il est vrai que l’espace invite à la circulation, et que le regroupement sur des tables larges a permis à chaque maison de pouvoir exposer les titres majeurs de son catalogue. « Il s’agissait de créer les conditions idéales pour mettre en valeur les éditeurs franciliens », note la Région. Et la synthèse fonctionne bien. 

 

Du côté Librest, la préparation s’est opérée plus d’un mois en amont, dans des échanges réguliers avec les éditeurs pour établir le choix des titres qui sont exposés. « Un groupe de quatre libraires s’est consacré à cet événement, pour retenir un catalogue le plus pertinent possible », explique Renny Aupetit directeur de la librairie Le Comptoir des mots, membre de Librest.

 

« En outre, nous avons douze libraires constamment sur le stand, pour répondre, accueillir et conseiller. Nous avons aussi travaillé sur la conception du stand, pour améliorer la disposition : la confiance que la Région et les éditeurs nous ont portée a été profitable. Nous savons vendre des livres, c’est notre métier. Et les valoriser sur les tables en fait pleinement partie. »

 

Et cette approche passe d’ailleurs par la création d’une table baptisée Les mots des libraires, réunissant une sélection spécifiquement réalisée, d’ouvrages chroniqués. « Nous devons montrer sans cesse que les libraires lisent, qu’ils connaissent les catalogues et les œuvres. » Et qu’ils les appréhendent mieux que des algorithmes...

 

Cette proximité avec les éditeurs franciliens favorise également les échanges autour de l’activité de distributeur – la Générale du livre. « Nous ne gagnerons pas particulièrement d’argent avec cet espace, mais il nous offre l’occasion d’être au cœur de la vie littéraire, durant le salon, mettre en avant le savoir-faire de nos libraires et la philosophie qui se dégage de nos différents secteurs d’activité. »

 

Stand Région Île de France

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La politique culturelle de la Région, pour le livre

 

Valérie Pécresse, présidente de la région IDF, était d’ailleurs passée sur le stand ce 24 mars, pour rappeler son plein soutien aux acteurs. « Je veux leur réaffirmer ce soir la volonté de la Région d’apporter des solutions concrètes à leurs besoins et bien souvent, hélas, à leurs difficultés. C’est tout le sens d’un certain nombre de mesures que nous avons votées. »

 

Elle évoquait ainsi des outils développés par la Région, au service de projets éditoriaux innovants, mais également, pour les librairies, des aides à l’installation, la reprise ou même la rénovation et le déménagement.

 

« Quant aux auteurs, bien entendu, sans qui rien de tout cela ne serait possible, ils sont au cœur d’un programme régional de résidences d’écrivains, que nous voulons voir amplifier, en particulier au sein des lycées. Parce que nous n’abandonnerons jamais les créateurs et les jeunes talents, qui éclairent, enrichissent et font avancer notre société », assurait-elle.

 

Cette année, les éditeurs ont tout de même un peu grincé des dents, avec le stand. Dès le début des discussions, la Région a annoncé que l'emplacement, acheté à Reed, serait ensuite « revendu » aux structures désireuses d’y figurer. Selon l’emplacement choisi, le coût variait de 200 € à 600 € pour une maison. 

 

« La différence entre les deux tient à ce que les uns sont au centre de l’espace de la Région, et les autres, comme moi, sont placés en vitrine devant le stand. Et dans notre cas, nous gérons notre stock et les ventes directement, sans passer par Librest », souligne une des maisons. 

 

Une autonomie coûteuse, qui a pu rebuter : « C’est dommageable, parce que des confrères ont préféré ne pas venir, du fait de cette répercussion financière : être présent c'est important, mais le chiffre d'affaires réalisé en retour compense difficilement ce que l'on investit. La Région aurait dû simplement tout prendre en charge. » 

 

L’an prochain ?