Le livre numérique représente 6,4 % du chiffre d'affaires de l'édition française

Nicolas Gary - 25.06.2015

Edition - Economie - livre numérique - SNE - édition française


Moins de livres vendus en 2014, le résultat est clair : avec 2,652 milliards € de chiffre d’affaires, l’industrie du livre accuse un recul de 1,3 % en valeur et 1,2 % en volume, en regard de 2013. Pour la quatrième année, donc, les ventes sont en berne, mais 2015 s’annonce bien plus prometteuse.

 

Vincent Montagne (SNE) - Salon du Livre de Paris 2015

Vincent Montagne, président du SNE - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

S’il s’est vendu moins de livres l’an passé, les cinq premiers mois de l’année 2015 sont porteurs de réjouissantes nouvelles : + 5 % de ventes. Mais surtout, l’édition garde le cap, alors que d’autres industries culturelles comme la musique, ou la vidéo, perdent encore du chiffre d’affaires – respectivement 7 % et 10 %, selon les données du Syndicat national de l’édition. 

 

Des données intéressantes, bien que le Syndicat national de l’édition Phonographique ait annoncé un recul de 5,3 %. A contrario, le Centre National du Cinéma annonce plutôt 14 % de recul en valeur sur la vidéo physique – mais une fréquentation des salles en hausse de 7,7 %. 

 

Revenons au livre : la surproduction est toujours de vigueur, avec une hausse de 3 %, soit 98.306 exemplaires, avec la moitié de nouveautés (43.600 livres). Sans trop de détails, on peut noter que les ventes en librairies de niveau 1 ont diminué entre 2013 et 2014, passant de 29,5 % à 27,6 %. Pour ce qui est d’internet, il est regroupé avec les librairies de niveau 2 et autres, mais ces segments assez flous affichent une hausse de 26 % à 28 % de la valeur en 2014. Les grandes surfaces culturelles représentent 27,6 % contre 28,5 % en 2013.

 

Toutefois, les cessions de droit sont en croissance de 6 % pour l’année passée, et la Chine a été le premier pays acheteur de titres français, pour des traductions. Et côté exportations, Belgique, Luxembourg, Suisse et Canada restent les territoires privilégiés, avec 52,5 % des exports, ainsi que 6,1 % pour l’Afrique francophone et 6,2 % pour le Maghreb.

 

Selon les données, le numérique aurait atteint 6,4 % des ventes de livres l’an passé, soit une croissance de 53,3 %, par rapport à 2013, raccord avec les autres pays européens. « Il reste cependant difficile de collecter les chiffres de ventes, mais également d’établir une distinction entre les ventes professionnelles et les achats du grand public », commente-t-on au SNE.

 

Chiffre d'affaires de l'édition 2015

 

 

L’édition numérique représente désormais 161,4 millions €, et quelques précisions peuvent intervenir : le marché professionnel représente 64 % des ventes, mais elles reculent dans trois secteurs : ésotérisme et bande dessinée à — 14 %, et — 55 % pour les beaux livres. L’édition numérique sur support physique pèse pour 10,7 % des ventes et l’édition en ligne, 89,3 %.

 

Du reste, le SNE entend poursuivre son travail concernant le droit d’auteur et sa défense face à la Commission européenne, et la réforme souhaitée. Une procédure démarrée « sans la moindre étude d’impact préalable et en dehors de toute demande des États membres ».

 

Le président du Syndicat, Vincent Montagne, souligne toute l’importance « des effets d’entraînement de l’édition », où un euro investi génère 2,67 € dans la filière. Cependant, le président reste sensible à ce que le chiffre d’affaires décroît depuis 2007, en dépit de la résistance que le secteur affiche. Si 70 % des entreprises en activité, sur les 3000 structures recensées, ont été créées voilà moins de 20 ans, aujourd’hui, « le nombre de disparitions d’entreprises d’édition excède celui des créations ».