Édition : précaires, les correcteurs visent le ministère du Travail

Victor De Sepausy - 08.11.2016

Edition - Société - correcteurs édition métier - ministre Audrey Azoulay - travailleurs domicile ministère


Depuis le coup d’éclat des correcteurs lors de la remise du prix Goncourt, le combat pour un traitement équitable de ces travailleurs se poursuit. Manifestement sensible à la question, plusieurs députés et sénateurs s’interrogent sur la correction à apporter à leur situation.

 

Prix Goncourt 2016

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« La ministre doit nous entendre (700 salariés au revenu faible et irrégulier ne risquent pas de compromettre l’équilibre de la branche édition, qui a renoué avec la croissance en 2015). Mais pour obtenir un rendez-vous au ministère de l’Emploi, il nous faut une chambre d’écho », assurait récemment le collectif Correcteurs précaires. 

 

Et dans les faits, députés et sénateurs se sont emparés sur sujet ces derniers mois. Dernier en date, Pascal Cherki, député socialiste, qui a interpellé Audrey Azoulay « sur les difficultés que rencontrent les correcteurs dans l’édition ». Il évoque des conditions de travail « trop souvent précaires », mais également des rémunérations « trop fluctuantes ». 

 

En l’état, toutes ces choses méritent d’être répétées : « De fait, sans garantie d’un nombre d’heures travaillées, aucun revenu fixe et prévisible n’est possible. » Le député rappelle par la même occasion à la ministre les revendications principales des correcteurs, que « de pouvoir travailler le même nombre d’heures que l’année précédente et la possibilité de lisser les revenus annuels de manière à avoir un salaire mensuel fixe ».

 

Les mesures que le gouvernement compte prendre pour « mettre un terme à cette injustice de traitement », sont une fois de plus attendues.

 

Reprise des négocations avec le Syndicat de l'édition

 

Rappelons qu’au terme de la remise du prix Goncourt, les correcteurs avaient obtenu une grande victoire – même si très symbolique – en voyant les jurés de l’Académie apposer leur signature au bas de la pétition

 

 

 

Le 7 octobre dernier, les correcteurs avaient rencontré le Syndicat national de l’édition pour évoquer le statut des Travailleurs à Domicile. Une nouvelle rencontre est prévue ce 18 novembre : « La moindre des choses constatées, c’est que tout cela avance très lentement », confiait en octobre une membre du collectif Correcteurs Précaires. 

 

Le statut d’auto-entrepreneur pour les correcteurs : le faux choix cornélien 

 

« Les parties sont conscientes des enjeux et soucieuses de poursuivre le dialogue pour définir des solutions adaptées après discussion entre les partenaires sociaux », nous assuraient les représentants du SNE. Mais au terme des échanges avec les syndicats, la révision de l’Annexe IV ne semble pas vraiment d’actualité.