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Édition scientifique : une partie de la recherche critique la “financiarisation”

Antoine Oury - 28.01.2020

Edition - Société - recherche france - edition scientifique - edition acces ouvert


L'édition scientifique vit depuis plusieurs années un bouleversement sans précédent, avec l'émergence de nouveaux modes de diffusion et la possibilité d'un accès ouvert aux résultats de la recherche. Mais qu'en pensent les principaux intéressés, les chercheurs eux-mêmes ? Une grande enquête sur les pratiques de publication et d'accès ouvert des chercheurs français, réalisée par le consortium Couperin, fournit quelques réponses.

Research
(photo d'illustration, Neil Conway, CC BY 2.0)


Le consortium Couperin, chargé de négocier l'accès aux revues scientifiques pour les bibliothèques universitaires, publie les résultats d'une grande enquête réalisée dans le cadre du « Plan national pour la science ouverte » annoncé par la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en juillet 2018. 11.658 réponses ont été obtenues par l'intermédiaire de questionnaires en ligne : cela ne représente toutefois que 10 % de la communauté des chercheurs de recherche publique.

De premiers résultats avaient été dévoilés à l'occasion des 20 ans du consortium Couperin, qui révélaient une insatisfaction certaine des chercheurs interrogés vis-à-vis du système actuel de l'édition scientifique : le rapport entre la qualité du service et le prix payé par les chercheurs n'est « pas satisfaisant du tout » pour une quasi-moitié des répondants, et « peu satisfaisant » pour 3000 de plus. Si la qualité des plateformes d'accès est reconnue, le constat reste sans appel dans l'étude complète.

« De nombreux répondants signalent qu’il est important de faire une distinction entre les grands éditeurs internationaux et les sociétés savantes, académiques, ces dernières ayant bien meilleure presse auprès des communautés scientifiques », indique toutefois le consortium Couperin. 

Les critiques portent sur la « trop grande financiarisation » de l'édition scientifique commerciale, mais les chercheurs reconnaissent parallèlement la qualité de plusieurs revues, de même que leur portée. Ainsi, le changement de système, notamment vers l'accès ouvert, ne reçoit pas forcément l'assentiment général, de nombreux répondants notant que l'enquête Couperin y accorde une place trop importante.
 

L'accès ouvert doit rester gratuit


Les pistes vers l'accès ouvert évoquées par le rapport du consortium Couperin reçoivent un accueil qui varie selon les disciplines des chercheurs : toutes ne disposent pas d'une offre importante avec ce type de diffusion. « En science du vivant-médecine et en lettres et sciences humaines, respectivement, 29 % et 24 % des répondants ont déjà publié souvent dans une revue en accès ouvert », note Couperin. En sciences de l'ingénieur, ils sont 5 % seulement...

La motivation première de passage à l’accès ouvert des chercheurs réside dans le fait de donner un accès immédiat des résultats aux pairs ainsi qu’au grand public (80 % des réponses), suivie par la conservation des droits de diffusion, ainsi que par l’accès à des revues à caractère innovant (50 %). Cependant, le paiement de frais de publication constitue un sévère coup d'arrêt : « 80 % des répondants trouvent juste de ne pas payer ou de payer moins de 500 € pour diffuser leur article en accès ouvert », indique l'étude.
 
La liberté d'accès aux résultats de la recherche et aux articles scientifiques, si elle n'est pas la norme, fait toutefois partie des habitudes des chercheurs interrogés : plus de 90 % des répondants n’abandonnent pas leur recherche quand l’accès n’est pas disponible et moins de 5 % choisissent la solution payante proposée par l’éditeur. Autrement dit, les contournements des obstacles payants sont fréquents, en contactant des collègues ou les auteurs des articles ou encore en visitant des plateformes proposant une diffusion illégale.

L'intégralité de l'étude du consortium Couperin, signée par Françoise Rousseau-Hans (CEA), Christine Ollendorff (Arts et métiers Sciences et Technologies) et Vincent Harnais (Couperin), est disponible sur HAL, en accès ouvert.


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