Édition : une centenaire et son neveu de 80 ans en guerre de succession

Clément Solym - 04.01.2016

Edition - Justice - Italie éditeur - procès tribunal - succession société


La poursuite judiciaire n’est pas banale : Bianca Maria Hoepli, centenaire, vient d’intenter un procès à son neveu, Ulrico Carlo, âgé lui-même de 80 ans. Au cœur de l’affaire, la prise en mains majoritaire d'une maison d’édition milanaise, aujourd’hui dirigée par un tuteur qu’avait nommé le tribunal de Milan. Ambiance familiale assurée...

 

Libro cartaceo come guida di un eBook / Paper book guide to eBook reader

Luigi Rosa, CC BY SA 2.0

 

 

Ulrico Hoepli, éditeur suisse naturalisé italien, avait fondé la maison qui porte son nom en 1870. Spécialisée dans les parutions scientifiques, elle avait diversifié son activité au domaine des manuels techniques et scolaires. À ce jour, elle est dirigée par Carlo Ulrico Hoepli, descendant du fondateur. 

 

Bianca Maria Hoepli, sœur du défunt Ulrico, a ainsi décidé de remettre la main sur partie de la structure, affirmant qu’elle disposait de 60 % des parts, après la mort de l’unique héritier, Giovanni Enrico Hoepli, précédent directeur décédé en 2006. Et pour soutenir sa thèse, elle a présenté un document signé de la main des trois – Ulrico, Gianni Enrico et Bianca Maria –, en 1954, affirmant que chaque homme disposait de 40 % et que la sœur aurait 20 % des parts.

 

À la mort de Giovanni, c’est le neveu Ulrico Carlo Hoepli qui a reçu ses parts, entraînant le différent juridique. 

 

Le conflit n’est cependant pas nouveau : pour le 140e anniversaire de la maison, en 2010, une première salve de plaintes portant cette fois sur le montant du loyer, avaient été portés à la connaissance des tribunaux. Bianca Maria se lançait dans une attaque contre les gérants, considérant que les dépenses locatives étaient disproportionnées par rapport à aux réels besoins de la société. Établie sur 5 étages, la société ne se servait que de trois, affirmait-elle. 

 

Ce nouveau rebondissement sur le partage des parts de la société n’est donc qu’un prolongement de la bataille juridique que la centenaire a entamée contre son neveu. La cour de Milan a reconnu pour l’instant que le transfert d’actions était probablement problématique, et a décidé d’effectuer une saisie conservatoire.

 

Ainsi, 60 % des actions détenues par les héritiers de Ulrico ont été confiées à un tiers dépositaire, Matteo Rescigno, professeur de droit commercial à l’université de Droit de Milan. L’affaire s’est également ramifiée au point d’en devenir internationale : une partie est jugée dans le canton de Zug, en Suisse, l’autre dans le canton de Vaduz, au Liechtenstein, où sont situés les sièges des deux sociétés en conflit. 

 

À ce jour, Hoepli représente 96 employés, et avait clôturé son activité au 30 juin dernier avec 27,7 millions € de chiffre d’affaires et un bénéfice de 139.000 €. (via Il corriere della sera)