Éditions Le Baron Perché : les auteurs toujours en attente de leurs paiements

Nicolas Gary - 24.02.2016

Edition - Economie - auteurs droits - rémunération arriérés


Voici un mois que la SGDL et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse faisaient parvenir un commandement de payer aux éditions du Baron perché. En cause, 15.000 € impayés à 18 auteurs ayant travaillé pour la maison, que les organisations tentaient d’obtenir. Une sommation par huissier, qui avait rapidement fait réagir Olivier Baillet, le gérant du Baron Perché.

 

Il dit je prends les euros
Charlotte Henard, CC BY SA 2.0


 

Après un mois, la présidente de la SGDL, Marie Sellier, ne cache pas sa colère. « Malgré le commandement de payer et les belles lettres pleines de promesses d’Olivier Baillet, les auteurs du Baron perché n’ont toujours pas été payés. » Colère d’autant plus grande qu’elle-même compte parmi les auteurs lésés. 

 

Le commandement de payer avait été expédié vers le 20 janvier, et le 26 du même mois, Olivier Baillet répondait. Et ce dernier d’expliquer : « Comme pour tous les groupes, il arrive que certaines périodes soient plus difficiles que d’autres d’un point de vue trésorerie. C’est le cas. » 

 

Toutefois, il s’engageait à procéder au règlement de l’« arriéré dû aux auteurs, spécifiquement circonscrit à la filiale Baron Perché, pour laquelle la période de restructuration a été plus longue que prévu ».  

 

Mais après la belle lettre, rien n’a encore suivi. « Dans nos métiers, il existe la confiance pour la parole qui est donnée, mais, surtout, il existe des contrats. La colère des auteurs est immense, et leur déception tout autant », poursuit Marie Sellier.

 

« On nous a gentiment demandé notre RIB et puis plus rien. En général, nous détestons qu’on se fiche de nous. » Or, pour les différents auteurs, aucun versement n’a encore été effectué, plus d’un mois après la lettre assurant que le règlement serait effectué. « Voilà près d’un mois que nous avons reçu leur réponse : ce sentiment de se trouver face à des promesses non tenues devient insupportable. »

 

Voilà quelques années, se souvient la présidente de la SGDL, des auteurs avaient manifesté devant la maison d’édition, pour des motifs similaires. « Nous avions alors été réglés sur le champ. Mais faut-il toujours en venir à de pareilles extrémités? »

 

Personne n’était disponible au Baron Perché pour nous apporter de précisions. Nous avons pris contact avec Olivier Baillet par email, en cherchant à le joindre à travers le groupe Hoche Communication/Revolution 9.

Récemment, ce groupe avait réaffirmé sa plutôt bonne santé et se présentait sa structure comme « rentable. 36 millions de CA, 28 millions de MB, nous avons une exploitation positive. Notre modèle économique fait déjà ses preuves, même si comme toute startup, nous avons rencontré, notamment ces trois derniers mois, des problèmes de trésorerie ».
 

Les éditions Le Baron Perché avaient été reprises en mai 2014 par Jacques-Marie Laffont. Ce dernier s’était ému du courrier commun de la SGDL et de la Charte, rappelant qu’il était lui-même sociétaire de la SGDL. Il assure actuellement la promotion d’un livre de Christine Boutin, paru dans sa propre maison, Éditions Jacques Marie Laffont : Insolences de Christine Boutin. 

 

À toutes fins utiles, n’est-ce pas...