Le rachat de Volumen par Editis, aucune incidence sur la concurrence

Clément Solym - 17.07.2015

Edition - Economie - Volumen - Editis - Autorité


Le 16 juin dernier, l’Autorité de la concurrence, saisie du dossier Editis/La Martinière, concernant le rachat de Volumen et Loglibris, avait donné son accord. La prise de contrôle est désormais actée par l’Autorité, qui vient de publier sa décision.

 

Alain Kouck (Editis) - Débat du Forum d'Avignon

Alain Kouck, PDG de Editis, à un débat organisé par le Forum d'Avignon (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

C’est le 26 mars 2015 qu’Editis a formulé une lettre d’offre pour le rachat des deux structures détenues par le groupe La Martinière. Si les chiffres d’affaires réalisées par les différentes structures ont été passés sous silence, l’Autorité a estimé qu’au vu des montants, l’opération de prise de contrôle ne relevait pas de la compétence de l’Union européenne. S’appliquent en revanche les articles L. 430-3 et suivants du Code du commerce, relatifs à la concentration économique. 

 

On apprend également, toujours selon l’Autorité, que le marché du livre numérique est très nettement concentré sur le territoire français. 

 

le niveau de concentration du réseau des libraires en ligne (95 % du chiffre d’affaires du livre imprimé se fait avec environ 10 000 comptes clients, alors que 95 % du chiffre d’affaires du livre numérique se fait avec 6 libraires en ligne).

 

Dans son analyse, l’Autorité indique que la part de marché cumulée reste inférieure à 25 % pour le secteur des services de diffusion aux grossistes. En revanche, « sur le segment des services de diffusion aux revendeurs de niveaux 1 et 2 et sur celui des services de diffusion aux hypermarchés, la part de marché cumulée des parties est supérieure à 25 % ». 

 

Toutefois, la nouvelle entité fera « face à une pression concurrentielle exercée principalement par le groupe Hachette, qui détient une part de marché plus élevée (entre 35 et 45 %), et par le groupe Madrigall, dont la part de marché est comprise entre 15 et 25 %. Enfin, la majorité des éditeurs interrogés dans le cadre du test de marché ont indiqué estimer que la concurrence était forte, voire très forte sur le marché des services de diffusion aux hypermarchés ».

 

parts marché distribution Hachette Madrigall Interforum Volumen

 

Pour ce qui est des revendeurs de niveaux 1 et 2, la part de marché cumulée atteindra 30-40 %.

 

La concurrence restera forte, malgré le rapprochement des deux entités, du fait d’une pluralité d’opérateurs, estime l’Autorité. Prenant en compte la structure de diffusion d’Albin Michel, ou encore, celles de Media Participations, Delcourt ou L’école des loisirs, l’opération de rachat « n’est pas de nature à porter atteinte à la concurrence par le biais d’effets horizontaux sur les marchés des services de diffusion ».

 

Reste donc que l’intégration verticale, susceptible « de restreindre la concurrence, en rendant plus difficile l’accès aux marchés sur lesquels la nouvelle entité sera active, voire en évinçant les concurrents ou en les pénalisant par une augmentation des coûts ». Le risque de verrouillage est toutefois écarté, puisque l’entreprise nouvelle disposera d’une part de marché inférieure à 30 %.