Editis cherche à harmoniser les jours de RTT des salariés

Nicolas Gary - 21.05.2019

Edition - Société - RTT Editis - récupération travail - direction DRH


« Le climat est particulier chez Editis actuellement. La direction a multiplié les projets — entre le rapprochement de Place des éditeurs et Edi8, la réorganisation de la diffusion, et le déménagement. Mais le prochain dossier est social, et pèse plus encore sur l’ambiance générale », indique-t-on à ActuaLitté. Il s’agit de réviser l’ensemble des journées de RTT, en vue d’une harmonisation globale.


Place d'Italie, siège d'Editis - ActuaLitté, CC BY SA 2.0


À l’approche du déménagement prévu dans 6 mois maintenant, la direction d’Editis souhaite en effet revoir le régime des RTT — qui diffère passablement d’une structure à l’autre. Le jeu des rachats et des fusions a créé un ensemble de modèles que le directeur général, Pierre Conte, souhaite remettre à plat. 
 

1200 personnes concernées


« L’autre réalité, c’est que la direction ne veut pas que les RTT soient un critère d’attractivité pour des salariés que le groupe recruterait à l’avenir », précise-t-on à ActuaLitté. « L’idée est également de retrouver un niveau de performances, pour consolider la place du groupe comme numéro 2 de l’édition en France. »

La révision des RTT concernerait, selon les estimations, pas moins de 1200 personnes, à travers 11 filiales, sur un groupe qui en compte 2000. Cependant, le projet exclut de fait la diffusion et la distribution. 

Suivant les pôles éditoriaux, le nombre de journées de RTT annuelles peut en effet varier du simple au triple – pour exemple, 8 journées au Cherche Midi, contre 24 chez Robert Laffont, Univers Poche et Place des Éditeurs. Ces derniers sont les mieux lotis, certes, tout en concernant plus de 200 salariés. 

« En revanche, du côté Sejer, ce sont plus de 500 salariés qui sont concernés : avec 22 journées annuelles, ce serait également la structure qui a le plus à perdre », nous explique un proche du dossier. Le projet de révision des RTT remonte cependant à près d’un an — avant le rachat par le groupe Vivendi, aucune corrélation directe, donc. 

 

Forfait jour et rabotage des RTT


Les premières propositions des DRH vont dans le sens d’un forfait jour pour les cadres : « Cela signifie qu’on ne travaille plus selon un nombre d’heures, mais en fonction du cadre de 218 jours par an, imposé par la loi. Mais la direction ne prend pas en compte que cela pourrait tourner en leur défaveur : si le travail est achevé, il serait envisageable de commencer à 11 h et finir à 15, avec une journée comptabilisée. »

Quant au régime de RTT, voici le programme : toutes les structures comprises entre 21 et 24 jours annuels passeraient à 21 jours – un coup de rabot non négligeable. Puis, tous ceux qui sont actuellement à 21 jours basculeraient progressivement à 18 jours. En effet, un système dégressif est prévu avec chaque année sur trois ans, une journée de RTT achetée pour aboutir à 18 jours. 

« Quant à ceux qui sont à moins de 12 RTT annuels, ils seraient réévalués à 12 jours par an. » Ce qui inclurait par exemple Cherche Midi, Edi8, ou encore La Découverte. 

« Pierre Conte (en photo) avance un principe d’équité pour justifier cette révision, appuyé par trois points : le besoin d’harmoniser, en finir avec des régimes à plusieurs vitesses et garantir la présence des salariés. Mais leur proposition n’est en rien équitable », souligne un salarié.

Ce principe n’est pas sans rappeler le mouvement social survenu au sein d’Humensis, fusion de Belin et Presses Universitaires de France. « À la différence près qu’il s’agissait en effet d’une fusion entre deux structures. Ici, la direction veut simplement profiter du déménagement pour remettre tout à plat. »

 

Un climat globalement particulier


Trois réunions ont déjà eu lieu avec la direction, et la prochaine, prévue ce vendredi, s’annonce plus dynamique. En effet, une intersyndicale se dessine, réunissant CGT, CFDT, CGC et USI, autour de deux mots d’ordre : 23 jours de RTT pour tous et le passage au forfait jour pour les cadres dirigeants uniquement. « USI est le syndicat majoritaire et indépendant chez Sejer, or ce sont ceux qui ont le plus à perdre actuellement. »

Et pour les salariés, cela s’ajoute aux dernières informations communiquées concernant justement le projet Editis Seine Rive Gauche. « Nous savons désormais quelle sera l’implantation, la superficie allouée — et la perspective d’un open space généralisé. Le manque d’espace, la promiscuité et le bruit sont déjà des dégradations dans les conditions de travail. En cassant le régime des RTT, c’est une autre couche qui s’ajoute au climat actuel. »

Les incendies ne manqueront pas pour la direction, prenant en compte qu’une autre intersyndicale, cette fois côté diffusion, est prête à enclencher un débrayage. « La réorganisation de la diffusion a provoqué la colère des représentants : ils réclament une hausse de salaire, des embauches. »

Suite à une assemblée générale tenue en avril, les syndicats ont écrit un courrier à la direction — CGT, FO et CFDT. Une rencontre, très attendue, est prévue ce jour.



Commentaires
Nulle part n'est fait mention de la corrélation entre les RTT et la durée du temps de travail hebdomadaire !

A l'origine, les RTT existent car le temps de travail hebdomadaire, dans certaines maisons d'édition s'étend à 39 heures par semaine, et non au 35 heures légales. La baisse des RTT signifierait donc le passage à 37h30 par semaine ?
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