Editis : départ de Guillaume Vicaire sur fond de 35 heures

Cécile Mazin - 02.06.2016

Edition - Les maisons - Guillaume Vicaire Editis - 35 heures sénat - accord branche entreprise


Dévoilé le 31 mai, le départ de Guillaume Vicaire, directeur général du groupe Editis a finalement été confirmé : après quatre années passées à la tête de l’entreprise, il quittera ses fonctions mi-juillet 2016. Alain Kouck continuera à assurer la présidence d’Editis Holding, annonce le groupe.

 

Editis (Grupo Planeta) - Frankfurt Buchmesse 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La direction générale sera assurée par le fils de José Manuel Lara, président du groupe espagnol Planeta, propriétaire d’Editis depuis avril 2008, décédé en janvier 2015.

 

« Le Groupe Editis remercie Guillaume Vicaire pour son engagement et sa contribution au développement de ses activités. Les actions qu’il a menées placent le Groupe en bonne position pour poursuivre sa croissance aux avant-postes de l’édition. Nous lui souhaitons un plein succès pour l’aventure entrepreneuriale qui s’ouvre à lui », assure le groupe Editis dans un communiqué. 

 

Toutefois, ce départ ne sera pas célébré par un grand pot unanime : selon nos informations, le directeur général a laissé un cadeau de départ aux salariés. « Monsieur Guillaume Vicaire a dénoncé l’accord 35 heures de la Sogedif, filiale du groupe Editis », apprend-on. Les 9 éditeurs du groupe sont structurés autour de la Sogedif, « une solution commune de gestion des Ressources Humaines ».

 

« Il considère que les salariés de cette société disposent de beaucoup de jours de RTT par an. C’est le même discours côté management dans cette société », poursuit-on, avec la ferme intention de ne pas se laisser faire. « Les salariés sont très attachés à leurs jours de RTT », conclut le message.

 

35 heures devenues 39 heures au Sénat

 

La coïncidence est presque troublante : la Loi Travail, examinée actuellement au Sénat, a été étudiée, et les sénateurs viennent de voter la quasi-suppression des 35 heures, alors même que le gouvernement avait assuré de leur maintien. En effet, en cas d'absence d’accord de branche ou d’entreprise, les 35 heures sont tout simplement révisées.

 


 

Dans le cadre du très contesté Article 2, les sénateurs ont donc estimé qu’en cas d’absence d’accord au sein de l’entreprise ou de la branche, la durée légale du travail serait de 39 heures hebdomadaires, ou 1790 heures si le temps de travail est annualisé. Les heures supplémentaires seront alors appliquées au-delà de la période minimale. 

 

Le Sénat, pour justifier son vote, a assuré que les 35 heures avaient coûté au moins 21 milliards € au pays, depuis leur mise en application.

 

 

Mise à jour : 

Dans un courrier daté du 31 mai, que ActuaLitté a pu consulter, Guillaume Vicaire a en effet notifié « la dénonciation des accords relatifs à l’aménagement et à la rédaction du temps de travail et à la mise en place d’un compte épargne temps ». Adressée aux représentants syndicaux de la Sogedif, la lettre rappelle qu’il n’a pas été possible de « trouver les modalités de nature à faire évoluer nos modes de fonctionnement en matière de temps de travail ».

 

Ainsi, se référant aux articles L-2222-6 et L.2261-9 du Code du travail, le futur ex-directeur général indique les l’accord originel du 24 novembre 1998 et ses avenants, sont désormais dénoncés. Et ce, avec un préavis d’une période de trois mois. 

 

Et de conclure : « Cette dénonciation mettant en cause la validité de ces accords, nous engagerons dans les prochains jours avec la Direction des Ressources Humaines de l’entreprise, après réalisation des formalités d’usage liées à ces dénonciations, des négociations en vue de la conclusion de nouveaux accords conformément aux dispositions de l’article L.2261-10 du Code du travail. »