Editis maintient la fermeture de la société à la Merlatière

Clément Solym - 25.01.2012

Edition - Les maisons - Vendée - Editis - Alain Kouck


Début décembre, nous apprenions du syndicat CGT que le groupe Editis avait l'intention de fermer la société DNL, Diffusion Nationale du Livre, pour l'année 2012. Une décision incompréhensible, assurait le syndicat, sinon « pour satisfaire les appétits de ses actionnaires [qui] prive d'emploi des dizaines de salariés ». 

 

Depuis, une nouvelle consultation sur le plan de suppressions d'emplois de l'établissement situé à la Merlatière, en Vendée s'est déroulée le 19 janvier. Les élus de la délégation unique du personnel étaient présents pour une réunion extraordinaire, alors que le devenir de 46 salariés est en jeu. 

 

« Malgré toutes les déclarations des élus locaux (Maire, Président de région et  l'intervention du Président du Conseil Général de la Vendée auprès du préfet du Vendée Monsieur Bernard Schmeltz), la direction de DNL a confirmé un plan de licenciement de l'ensemble des salariés du site de la Merlatiere. (Réunion de la DUP du 5 janvier dernier), déjà présenté lors de la première réunion », souligne la CGT dans un communiqué. 

 

Organisations syndicales et élus ont pourtant donné un avis défavorable au plan de suppressions d'emplois, autant qu'aux mesures proposées pour l'accompagnement dudit plan. 

 

Selon la CGT, le PSE mis en route n'est en rien justifié, et le syndicat de faire valoir « l'exigence aveugle de rentabilité à court terme et le mépris par l'entreprise de sa responsabilité sociale et territoriale ». Avec un chiffre d'affaires consolidé de 753,2 millions €, le groupe Editis a présenté, pour l'année 2010, un taux de profitabilité de 1,9 % en hausse. 

 

Des résultats qui découlent du travail des salariés, et qui doivent leur revenir, estime le syndicat, pour qui il est impératif que le groupe « fasse renouer l'entreprise avec le long terme et l'intelligence collective ». 

 

Dont acte.

 

Planeta veut "une rentabilité à deux chiffres"

 

Selon les informations communiquées à ActuaLitté, le président du conseil général de Vendée avait sollicité un entretien avec le PDG du groupe Editis, Alain Kouck, qui n'a pas abouti. Au mois de décembre, une délégation CGT avait été reçue par le PDG pour évoquer cette fermeture de la société. En revanche, un second rendez-vous avait été sollicité, pour la négociation des indemnités, auquel le groupe n'avait pas donné suite. 

 

Suite à cela, l'intervention sur ce dossier du préfet de Vendée a été sollicitée. Peut-être une piste, au moins pour assurer des indemnités correctes aux salariés, nous précise-t-on, sans pour autant croire à la possibilité que les élus et politiques puissent réellement interférer dans la décision de fermeture. 

 

« La fermeture de DNL, c'est le début de la déconstruction dans l'édition. Cette première étape entre dans un programme plus vaste, et le début de grands travaux pour la diffusion. Évidemment, c'est à mettre en relation avec le livre numérique, mais aussi avec le segment des hypermarchés, dont on nous dit que les chiffres ne sont pas bons. »

 

« Maintenant, on n'est pas dupes : les actionnaires de Planeta réclament une rentabilité à deux chiffres, alors il faut racler les fonds de tiroir. »

 

Contacté par ActuaLitté, le groupe Editis n'était pour le moment pas joignable.